Sans un durcissement des restrictions, une explosion des cas est attendue au pays

Raphaël Pirro
Sans un durcissement des restrictions sanitaires, le Canada se dirige vers une réelle explosion du nombre de cas au mois d’avril, propulsée par une augmentation des variants, et ce, même si la vaccination poursuit son cours.
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C’est ce qui ressort d’une modélisation à moyen terme présentée vendredi par l’administratrice en chef de l’Agence de la santé publique du Canada, la Dre Teresa Tam.
Après une baisse dans les taux de transmission au cours des derniers mois, chaque individu porteur de la COVID-19 transmet désormais le virus à au moins deux personnes, comme c’était le cas au début de la pandémie.
«C’est pourquoi les mesures doivent être plus fortes, plus strictes, et maintenues suffisamment longtemps pour supprimer la croissance épidémique des variants préoccupants», estime le Dr Howard Njoo, bras droit de la Dre Tam.
Ceux-ci n’ont eu d’autre choix que de lancer l’avertissement suivant: pour la longue fin de semaine de Pâques qui arrive à grands pas, il faudra prévoir des célébrations virtuelles pour limiter les contacts.
Avant d’alléger les restrictions sanitaires, il faudra donc attendre qu’un nombre critique de gens aient reçu au moins une dose du vaccin, selon la Dre Tam. Ce nombre n’est toutefois pas clairement indiqué.
L’exemple européen
L’Europe, comme c’est le cas depuis le début de la pandémie, sert à la Santé publique canadienne de laboratoire des bonnes et moins bonnes pratiques à suivre.
La France et l’Italie ont récemment confiné leur population en raison d’une remontée vertigineuse des cas, liée encore une fois à l’omniprésence du variant britannique. Le relâchement des restrictions sanitaires y est certainement pour quelque chose, selon la Dre Tam.
À l’opposé, si l’approche laxiste adoptée par le Royaume-Uni au début de la pandémie a servi de contre-exemple auparavant, le pays semble avoir une avance considérable sur ses voisins de l’Europe continentale.
Et ce n’est pas qu’une question de vaccination, même si la campagne de vaccination y est très efficace. Dans l’attente qu’une masse critique de gens aient reçu le vaccin, le pays procède à une levée extrêmement progressive des mesures sanitaires.
Pour la Dre Tam, il s’agit d’une preuve de plus que le Canada, où l’effort de vaccination est à la traîne, ferait mieux de suivre l’exemple anglais.
En France et en Italie, notamment, le variant britannique représente désormais plus de 70% des cas déclarés de COVID-19.
Les jeunes plus touchés
Le variant britannique n’est pas simplement plus contagieux, mais il est aussi plus dangereux.
Cela devrait inquiéter les jeunes, qui ont hâte de se retrouver entre amis après un hiver passé devant les écrans, explique la Dre Tam.
«Si on laisse les cas monter dans cette tranche d’âge, simplement par le nombre de jeunes touchés, on va se retrouver avec des jeunes dans les hôpitaux», a-t-elle affirmé.
Pour cette raison, la Dre Tam ne voit pas d’un mauvais œil l’extension de la vaccination à la population adulte en général pour aller protéger non seulement les gens à risque, mais aussi ceux qui peuvent le transmettre à ces personnes à risque.