Sapins de Noël: pourquoi coûtent-ils deux fois plus cher au marché qu’à l’épicerie?

Axel Tardieu
Un sapin de la même taille peut coûter 50 $ à l’épicerie et le double au marché public. Qualité, espèce, transport... voici ce qui fait réellement varier le prix de votre arbre de Noël.
Cette fin de semaine, les vendeurs s’attendent à voir une marée de clients espérant trouver le plus beau sapin au meilleur prix.
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Le principal critère qui détermine le prix, «c’est la qualité», explique Hugo Cleary, administrateur l’Association des producteurs d’arbres de Noël du Québec (APANQ).
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Dans le monde des sapins, il existe trois qualités: le premium, le numéro 1 et le numéro 2. Il y a aussi une espèce plus dure à produire, donc plus chère, le fraser.
«Il va garder plus d’aiguilles, va durer beaucoup plus longtemps, mais aura moins d’odeur», détaille Maxime Laliberté, un des vendeurs de sapins du Marché Maisonneuve.
À l’épicerie, les sapins sont souvent des arbres de qualité plus basse et d’une espèce appelée baumier, selon Hugo Cleary de l’APANQ.
Mais il n’y a pas que ça qui explique la différence de prix: l’expertise des vendeurs présents sur les stationnements de centre de jardin ou de marché public entre aussi en ligne de compte.
«On déballe chaque sapin pour qu’ils soient parfaits pour les gens. On choisit chaque sapin comme on veut, avec la grandeur et la largeur qu’on veut», dit Maxime Laliberté.
«Souvent, à l’épicerie, on va acheter un sapin emballé et à la maison, on risque d'être un petit peu plus déçu.»

Transport et inflation
Au marché Maisonneuve, les sapins sont vendus directement par des producteurs qui en ramènent chaque semaine de Beauce et d'Estrie.
Cet espace temporaire est loué pour la saison et rajoute quelques dollars au prix de l’arbre.
«Il y a aussi le transport», rajoute Senyo Akakpo, vendeur pour l’entreprise Sapin Roy. Plusieurs fois durant la saison, les producteurs font des allers-retours pour ramener à Montréal des arbres.

C’est d’ailleurs une raison qui explique la hausse du prix de votre sapin par rapport à il y a dix ans.
«On a vu une grande augmentation sur le diesel. Faire un aller-retour en campagne pour aller chercher 150 arbres, c’est près 150 $ de diesel», explique Maxime Laliberté.
L’inflation n’affecte pas que le transport. «L'engrais qu'on mettait nous coûtait 50 $ la poche. Aujourd'hui, elle a quasiment doublé.»
Un produit d’appel
Selon Hugo Cleary de l’APANQ, une autre raison explique le faible prix des sapins dans les épiceries.
«C’est un produit d’appel, ils ne font pas de profit, mais s’en servent pour attirer les clients. Vous allez acheter des lumières et des décorations, sur lesquelles les marges sont plus importantes.»
Les sapins à l’épicerie restent néanmoins beaux et répondent à un besoin, selon Hugo Cleary. «Ça permet d’avoir des arbres moins chers accessibles pour tout le monde. Une fois décoré, ça fait le travail.»