Sergachev : un élève de McDonagh et Hedman
Mikhaïl Sergachev s’affirme maintenant comme un défenseur complet dans la LNH


Jean-François Chaumont
Dans un film de James Bond, il incarnerait le rôle d’un vilain espion russe. Sur une patinoire de la LNH, Mikhaïl Sergachev a le talent pour interpréter plusieurs types de personnages.
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À 23 ans seulement, Sergachev a maintenant plusieurs cordes à son arc. Il peut transporter la rondelle, jouer à la pointe en supériorité numérique, renverser un rival avec une grosse mise en échec, bloquer un tir ou gérer le trafic devant le filet d’Andreï Vasilevskiy.
Depuis le début des séries, l’impact de Sergachev ne se lit pas sur une feuille de pointage. Auteur d’une saison de 30 points (4 buts, 26 passes) en 56 rencontres, le numéro 98 du Lightning a ralenti sa production offensive avec trois passes en 20 rencontres depuis le début des séries.
« Les matchs ne sont jamais parfaits, je peux faire des erreurs, avait dit Sergachev le matin du premier match de la finale contre le Canadien. Je cherche à rester en bonne position. Je me place dans les lignes de tir. Mon niveau de compétition reste élevé. L’offensive n’est pas là en ce moment, mais je ne m’en soucie pas. On a des gars qui peuvent marquer des buts. Je ne suis pas très offensif en séries, mais je veux faire d’autres choses pour aider mon équipe. »
Des tirs bloqués et du muscle
Sergachev a compris qu’il pouvait faire d’autres choses pour aider son équipe. Et il le fait très bien. Au septième match de la demi-finale contre les Islanders de New York, il a bloqué un tir du défenseur Ryan Pulock alors qu’il restait seulement six secondes au match. C’est lui qui a réalisé le dernier arrêt dans un gain de 1 à 0 contre les Islanders. Il a terminé le septième match avec cinq tirs bloqués, un dossier de +1 et un temps de jeu de près de 24 minutes.
Le Russe de 6 pi 3 po et 216 lb a aussi son mot à dire depuis le début de cette finale. Au premier match, il a ajouté une cicatrice au visage de Brendan Gallagher en le renversant sur la patinoire. Ce n’était pas le jeu le plus noble, mais le numéro 98 a aussi obtenu une passe sur un but de Nikita Kucherov et distribué cinq mises en échec dans ce premier match.

Pour la deuxième rencontre, Sergachev a encore montré un aspect méchant de son jeu en poussant Artturi Lehkonen contre la bande alors que le Finlandais était dans une position dangereuse. Encore là, il a envoyé un message aux attaquants du CH en leur disant que c’était pour faire mal s’ils décidaient de passer de son côté.
« Ça me donne plus confiance avec la rondelle, quand je suis robuste, a noté Sergachev à quelques heures du départ de l’équipe vers Montréal. Il y a un discours assez généralisé chez les défenseurs. Ils diront pour la majorité qu’une bonne mise en échec fait grimper ta confiance. »
Deux professeurs
Choix de premier tour du CH en 2016 (9e au total), Sergachev a porté l’uniforme bleu, blanc et rouge pour seulement quatre rencontres lors de la saison 2016-2017. C’est une histoire ancienne, mais Marc Bergevin l’a échangé au mois de juin 2017 pour Jonathan Drouin.
À Tampa, Sergachev a rapidement eu l’occasion de faire ses classes. Il a gagné un poste dès ses débuts en 2017-2018. Mais il a grimpé les marches une à la fois. Il a aussi profité des enseignements de Victor Hedman et Ryan McDonagh pour maintenant s’établir comme l’un des très bons jeunes défenseurs de la LNH.
« Il n’a pas juste appris de Victor, a dit Jon Cooper. C’est Vic et Mac (McDonagh) qui ont eu une grande influence. Vic est plus offensif, Mac a plus une mentalité défensive. Il a été chanceux de côtoyer les deux. Il se transforme en un mélange des deux. Il deviendra un sacré défenseur dans la LNH. Il a maintenant plus d’expérience et il gère mieux ses émotions. À ses débuts, il avait parfois un peu trop d’arrogance. »
Sergachev a parlé d’une transformation importante dans son jeu.
« J’ai toujours été un défenseur robuste et intense plus jeune, a-t-il précisé. Mais en vieillissant, je suis devenu plus offensif et j’ai un peu abandonné l’aspect physique. Dans la LNH, à mes deux premières saisons, je n’étais pas assez dur. Je ne finissais pas mes mises en échec. J’étais mou. Mes minutes ne grimpaient pas. J’ai rencontré mes entraîneurs et le DG et ils m’ont dit ce qu’ils voulaient voir de moi. Ils m’ont parlé de devenir un défenseur plus intense. Ils me demandaient de terminer mes mises en échec et de gagner mes batailles dans les coins. J’ai compris le message. »
Gallagher et Lehkonen peuvent maintenant confirmer que Sergachev a bel et bien compris le message.