Faute d'avoir un autre choix, les proches de Trump fulminent contre Twitter sur Twitter

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2021-01-09T18:56:54Z
2021-01-10T02:14:46Z

NEW YORK | Les proches de Donald Trump, évincé de Twitter et des autres grands réseaux sociaux, s’indignent et crient à la censure, mais pour communiquer avec le grand public, les autres options restent pour l’instant limitées.

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«La liberté d’expression se meurt et est contrôlée par des tout-puissants gauchistes», a ainsi déploré le fils aîné du locataire de la Maison-Blanche, Donald Trump Jr.

«Qui sera le prochain à être réduit au silence?» s’est interrogé l’avocat personnel du président, Rudy Giuliani, tandis que le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo, s’insurgeait contre «la Gauche» qui «s’échine depuis des années à faire taire les voix s’opposant à elle».

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L’influent sénateur républicain du Texas Ted Cruz a, lui, jugé «absurde et profondément dangereux» les décisions des réseaux sociaux.

«Pourquoi une poignée de milliardaires de la Silicon Valley devraient-ils avoir le monopole du discours politique?» s’est-il offusqué.

Ironiquement, tous ces messages ont été postés sur Twitter, le réseau social qui fut pendant des années le moyen de communication préféré de Donald Trump avant que l’entreprise ne décide vendredi de fermer définitivement son compte.

Deux jours après l’irruption brutale de partisans du président au Capitole, le réseau social a dit prendre cette mesure inédite face au «risque de nouvelles incitations à la violence».

Facebook et d’autres services comme Instagram, Snapchat ou Twitch ont, eux, suspendu pour une durée indéterminée le profil du locataire de la Maison-Blanche.

La plateforme de discussion Reddit, d’ordinaire assez permissive, a fermé vendredi un populaire forum d’admirateurs du chef d’État pour avoir enfreint son règlement sur l’incitation à la haine.

Quelle peut dès lors être la nouvelle caisse de résonance de Donald Trump et de ses partisans?

Son fils Donald Trump Jr, craignant d’être lui aussi débarqué de Twitter, a déjà proposé à ses abonnés de laisser sur son site leur courriel pour recevoir des nouvelles. Pas vraiment le moyen de communication le plus réactif.

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Création d’une nouvelle plateforme?

Dans un tweet rapidement effacé, Donald Trump a évoqué vendredi soir l’idée de créer sa «propre plateforme dans un futur proche», sans toutefois donner plus de détails.

Les plateformes conservatrices prisées des partisans les plus farouches de Trump comme Parler et Gab attirent un public grandissant.

Face à la «fréquentation record» vendredi soir et samedi, Gab a même dû ajouter des serveurs, a expliqué son créateur, Andrew Torba.

«12 m [millions] de visites au cours des 12 dernières heures. La croissance est en train d’exploser», s’est réjoui samedi matin le patron de ce réseau social.

Lancé en 2016, Gab se présente comme une plateforme qui promeut «la liberté d’expression» et «les libertés individuelles», mais est surtout connue pour ses utilisateurs d’extrême droite, voire néonazi.

C’est sur Gab que l’auteur d’une fusillade qui avait fait 11 morts dans une synagogue de Pittsburgh en 2018 avait posté de nombreux messages antisémites avant l’attaque.

Plusieurs sociétés ont déjà interdit à Gab d’utiliser leurs services, dont les services de paiement Visa et PayPal, ou les plateformes de téléchargement d’applications de Google et Apple.

Parler de son côté n’est plus comme à ses débuts, en 2018, l’apanage de franges extrémistes.

Il accueille désormais des voix conservatrices plus traditionnelles comme le présentateur vedette de Fox Nex et proche de Donald Trump Sean Hannity, ou la gouverneure républicaine du Dakota du Sud, Kristi Noem.

Également membre de Parler, l’influent commentateur politique Mark Levin a annoncé, vendredi soir, avoir «suspendu» son compte Twitter «en signe de protestation contre le fascisme» du réseau social, et demandé à tous ses abonnés de le rejoindre sur la plateforme conservatrice.

Samedi, Parler était l’application la plus téléchargée aux États-Unis sur l’App Store avant qu’Apple ne décide de la suspendre en raison de la «prolifération» de «menaces de violence et d’activités illégales». Google avait pris une décision similaire la veille.

M. Levin a aussi mentionné son compte sur Rumble, un site qui propose comme YouTube de diffuser des vidéos, mais promet à ses utilisateurs qu’ils ne seront «jamais censurés pour du contenu politique ou scientifique».

Toutes ces plateformes restent toutefois marquées à droite, voire à l’extrême droite. Il n’est pas certain qu’elles attirent un public aussi large que les 88 millions d’abonnés du feu compte Twitter de Donald Trump.

Elles pourraient aussi faire face à la décision d’entreprises fournissant des services techniques, mais ne souhaitant pas favoriser leur diffusion, comme Google et Apple.

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