Le Québec menacé par une quatrième vague: «Si on se fait vacciner, on peut y échapper»


Andrea Lubeck
Avec la récente hausse du nombre de cas quotidiens de COVID-19, le Québec commence à entrer dans la quatrième vague de la pandémie, parole de François Legault. Mais on a tout de même des chances d’y échapper et la vaccination est la clé, nous disent des experts.
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Malgré tout, il reste encore beaucoup d’inconnus concernant cette nouvelle vague qui est déjà amorcée, mais qui pourrait être freinée, voire évitée. Qui sera touché? Quand arrivera-t-elle? Deux épidémiologistes brossent un portrait de ce qui nous guette, bien que celui-ci soit toujours incertain.
Qui sera touché?
Une chose est certaine, cependant: ce sont les personnes non vaccinées qui seront les plus touchées. Les données à ce sujet sont claires: 95% des cas récents de COVID-19 sont déclarés parmi les non-vaccinés ou les personnes partiellement vaccinées.
Il est donc important de se faire rapidement vacciner, d’une part pour s’immuniser le plus tôt possible face à la nouvelle vague, mais aussi parce que les ressources actuelles ne seront pas disponibles à l’infini, soutient la Dre Nimâ Machouf, épidémiologiste et chargée de cours en santé publique à l’Université de Montréal.
«Les infirmières et les infirmiers qui sont en train de vacciner devront retourner dans les hôpitaux pour régler les problèmes de santé. On voit des urgences qui ferment parce qu’il manque de personnel. Il faut donc qu’on utilise le vaccin au maximum, rapidement, avant qu’il devienne de moins en moins disponible, faute de ressources.»
Ainsi, pour espérer échapper à la quatrième vague, il faudra atteindre rapidement l’immunité collective, dont le seuil est établi à 80% par les différentes instances de santé publique, mais qui devrait plutôt tourner autour des 85%, selon la Dre Machouf. «Il faut vraiment se dépêcher avant que la vague déferle. Si on se fait vacciner, on peut y échapper.»
À quoi ressemblera la situation dans les hôpitaux?
«Tant le nombre de cas que le nombre d’hospitalisations et de décès dépendront de la couverture vaccinale», indique Hélène Carabin, professeure titulaire de la Chaire de recherche du Canada en épidémiologie et une seule santé.
La couverture vaccinale actuelle nous offre tout de même un aperçu des personnes risquant d’être hospitalisées, explique la Dre Machouf.
«Plus de 85% des personnes de 60 ans et plus, qui sont plus susceptibles d’être gravement atteintes par la COVID-19, sont immunisées, elles ne tombent plus malades. Les personnes qui sont infectées actuellement sont moins susceptibles de développer des cas graves ou de se rendre à l’hôpital, c’est donc pour ça que le nombre [d'hospitalisations] descend», malgré une hausse du nombre de cas.
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Par ailleurs, bien qu’il soit plus contagieux, le variant Delta affecte moins durement les gens, note la Dre Machouf. S’il demeure prédominant dans les infections pour la quatrième vague, comme il l’est actuellement, le nombre d’hospitalisations et le nombre de décès pourraient donc demeurer relativement bas.
Quand arrivera la quatrième vague?
La récente montée des cas fait dire au premier ministre François Legault que la quatrième vague est déjà arrivée. Mais son avènement se confirmera réellement au mois de septembre, soutient la Dre Machouf.
«Il y a une périodicité dans la pandémie et dans l’incidence de la COVID-19. Pendant l’été, on a moins d’infections parce que le virus est plus faible, mais aussi parce qu’on passe du temps à l’extérieur, les maisons sont aérées et les écoles sont fermées. Mais en septembre, quand on va retourner à l’intérieur, qu’il va recommencer à faire froid, c’est là que le virus va se transmettre, surtout avec le variant Delta, qui est plus contagieux», détaille l’épidémiologiste.
«Le virus est toujours là et il continue d’essayer de trouver preneur. Et il trouve preneur chez toutes les personnes qui sont susceptibles, donc les personnes non vaccinées. C’est elles qui maintiennent l’épidémie», conclut la Dre Machouf.