Si vous avez aimé «Heated Rivalry», voici le film canadien sexu à regarder ASAP
Juliette de Lamberterie
Le Québec a beaucoup brillé dans la culture populaire récemment, atteignant des publics hors de la province. Après la série Empathie de Florence Longpré, il y a eu Heated Rivalry (ou Rivalité Passionnée) qui continue de faire énormément parler.
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Folichonneries, nouveau film d'Erik K. Boulianne sur un couple qui s'initie au polyamour, ne sera peut-être jamais aussi connu, mais comprend tout autant d'intelligence, de pertinence... et de scènes d'intimité de qualité.
Heated Rivalry avait fait le portrait d'une histoire qu'on a rarement vue, avec beaucoup de romance et de sensualité. La série est toujours hyper populaire, particulièrement chez les femmes et la communauté queer. Parce qu'elle est très bien conçue, bien sûr, mais aussi pour les façons dont la série renverse les codes, tant dans la mise en scène que les évènements de l'histoire. On y érotise les corps masculins comme on le voit peu dans les séries télé, on y représente le désir gai via la filmographie et les plans des caméras. Les scènes de sexualité y sont longues et langoureuses, mais aussi très humaines.

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Ces éléments qui subvertissent nos attentes sont cruciaux à la réception positive de la série — en plus de ses acteurs très charismatiques, bien sûr.
Avec Folichonneries, on est dans un autre type d'histoire — moins exaltante, plus cynique — et de héros, mais dans un univers résolument similaire. Déjà, l'histoire prend de nouveau place à Montréal. Tout comme la série de Jacob Tiernay, le film a été produit avec un petit budget, mais on ne le remarque presque pas, vu sa superbe direction photo signée François Messier-Rheault. La sexualité y est tout autant centrale, devenant un personnage principal du film.

Dans le film d'Erik K Boulianne, on se penche sur le polyamour. Au début du film, François (Eric K. Boulianne), en couple avec Julie (Catherine Chabot) depuis 16 ans, lui confie qu'il a besoin d'expériences sexuelles nouvelles pour se «connaître» davantage.
Aux couples qui ont déjà tenté toute forme de non-monogamie ou décidé «d'ouvrir leur relation», le long-métrage parlera forcément. Il fera aussi probablement émerger des conversations. Dans Folichonneries, pas question de dresser un portrait idéaliste de ces expériences, ni de porter de jugement sur le couple.

Le film présente beaucoup de nudité — tant celles des hommes que celle des femmes — de façon très réaliste; parfois érotique, parfois banale. Les scènes de sexualité à l'écran, très nombreuses, sont toutes uniques; certaines sont hésitantes, d'autres complètement désinhibées et joyeuses. Une scène en particulier, où Julie et François tentent le sexe en groupe pour la première fois avec un autre couple, très expérimenté, est tout simplement exquise.
Folichonneries ne se gêne pas non plus pour montrer le chaos émotionnel causé par la non-monogamie — pour les deux partis, mais aussi pour les enfants. Si François est celui qui amène le polyamour sur la table pour la première fois, les choses ne se passent pas nécessairement comme il le désire.
En même temps, c'est aussi grâce à leurs expérimentations que les personnages dépassent leurs limites habituelles, et c'est rafraîchissant à regarder. Si le film porte un regard lucide sur les dynamiques typiques des couples hétérosexuels, il dépeint aussi ses personnages avec beaucoup de sensibilité, particulièrement celui de François, qui bouleverse de plus en plus les codes de la masculinité au fil de son exploration.

Finalement, Folichonneries met surtout en évidence que l'amour et la sexualité sont des questions existentielles. On meurt tous un jour; le monde dans lequel on vit est plein de limites et de contraintes. Devoir prendre soin de soi et des autres, cultiver des relations riches, travailler, payer son logement et entretenir son propre bonheur, ce n'est pas simple du tout. Dans le film, on montre que cultiver plusieurs amours à la fois créée des possibilités, mais en détruit aussi forcément.

Le film parle aussi de mal-être profond et des façons dont on tente de combler le vide. On en ressort pensifs sur les difficultés de la vie, mais aussi inspirés par le potentiel libérateur et créateur de la sexualité. Ce long-métrage, qu'on désignera probablement à l'avenir comme un portrait très juste, et aussi très comique, des mœurs de 2026, est à voir absolument.
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