La gymnaste étoile Simone Biles se retire de la compétition au milieu des Olympiques
AFP
La gymnaste américaine Simone Biles a pris tout le monde par surprise mardi en se retirant la compétition en plein milieu des Jeux olympiques, après une prestation décevante au saut. Voici ce qu'il faut savoir à ce propos.
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Ce sont des raisons d'ordre psychologiques qui auraient mené à ce retrait.
Après s’être emparée du record du légendaire Bélarusse Vitaly Scherbo (23) avec 25 récompenses sur la scène mondiale, dont 19 en or, l’Américaine de 24 ans était attendue comme l’une des stars des JO de Tokyo, cinq ans après ses quatre sacres olympiques de Rio.

Mais peu s’attendaient à ce qu’elle craque en pleine lumière et abandonne ses coéquipières. «Je n’ai plus autant confiance en moi qu’avant (...) J’ai l’impression que je ne prends plus autant de plaisir qu’avant», a-t-elle expliqué pour justifier son abandon, qui n’a pas empêché «Team USA» de terminer deuxième.
Elle reste la plus grande gymnaste de tous les temps : jamais, avant elle, une gymnaste n’avait coiffé cinq couronnes mondiales au concours général.
Enfance très difficile
Simone Biles est connue non seulemet pour ses performances athlétiques, mais aussi pour avoir surmonté une enfance très difficile.
Elle est née dans l’Ohio et a vécu ses premières années avec une mère «dépendante à l’alcool et à la drogue», qui fait «des allers-retours en prison», ce qui a valu à ses trois frères et sœurs ainsi qu'elle-même, d’être placés en famille d’accueil, a-t-elle confié avec émotion à la télévision américaine en 2017.

«Je n’ai jamais pu compter sur ma mère biologique. Je me souviens que j’avais toujours faim, toujours peur.»
«Mes grand-parents m’ont sauvée», dit-elle de Nellie et Ron Biles, qu’elle considère comme ses parents et qui ont changé le cours de son histoire en l’adoptant, ainsi que sa petite sœur, tandis que le reste de la fratrie a atterri chez d’autres membres de la famille.
Quand la petite Simone découvre la gymnastique à six ans lors d’une sortie scolaire, un entraîneur la repère immédiatement.
Dès ses huit ans, Biles fait une rencontre décisive, celle d’Aimee Boorman, l’entraîneuse qui la portera vers les sommets, sa «deuxième maman» aussi, qui veillera à son équilibre sur les agrès comme dans la vie.
C’est sous son aile qu’elle devient, à 16 ans, championne du monde pour la première fois, en 2013. Avec elle aussi qu’elle s’offre ses podiums olympiques en 2016.
Biles a aussi dévoilé une autre blessure intime : en janvier 2018, elle révèle faire partie des plus de 200 victimes de Larry Nassar, l’ex-médecin de l’équipe féminine américaine de gymnastique condamné lourdement pour des centaines d’agressions sexuelles commises pendant deux décennies.

Sortie du silence, elle n’hésite pas depuis à dénoncer publiquement la passivité des autorités sportives américaines.
Elle ne cache pas non plus, dans le documentaire Simone vs Herself, ce qu’a signifié en termes de souffrance les violences qu’elle a subies.
Mais, explique Biles, qui a soutenu avec force le mouvement «Black Lives Matter», «je sais que cette expérience horrible ne me définit pas».
«Je suis beaucoup plus que ça, martèle-t-elle. Je suis unique, intelligente, talentueuse, motivée et passionnée. Je me suis promis que mon histoire serait bien plus grande que ça.»