À vos manettes | Simon Boulerice
«J’ai adoré Si on s’aimait»

Marie-Hélène Goulet
Passionné par certains classiques qu’il évoque avec nostalgie, le chroniqueur de Sucré salé est aussi un téléspectateur qui a soif de nouveautés.
Quel est votre premier souvenir télé?
J’ai un souvenir précis d’un épisode de Passe-Partout, même si je ne l’ai jamais revu. Dans une scène, Passe-Carreau entrait dans une machine et en ressortait les cheveux tout frisés. Je me souviens que ça m’a tétanisé et que j’ai beaucoup pleuré.

Quelle émission vous a passionné à l’adolescence?
J’ai adoré Diva. L’indicatif musical du début me faisait frissonner, car je savais que ce qui suivrait allait me passionner. C’était exaltant et glamour!

Quel est votre dernier coup de cœur à la télévision québécoise?
C’est vraiment de circonstance: j’ai beaucoup aimé Épidémie. Quand la série a commencé, en janvier, on entendait déjà parler du coronavirus, mais il était encore loin de nous. L’émission était excitante, parce que l’intrigue rejoignait la réalité. Le personnage de Julie Le Breton était passionnant. De plus, la série était bien écrite, avec des revirements de situation intéressants. J’étais excité à la diffusion de chaque épisode.

De quelle série avez-vous regardé passionnément tous les épisodes?
Breaking Bad: Le chimiste! À la fin de chaque épisode, j’avais envie de le regarder de nouveau afin d’être certain de n’avoir rien manqué. C’était une série haletante! Walter White est un personnage fascinant, tout comme les membres de sa cellule familiale: son fils et sa femme, évidemment, mais aussi son beau-frère et sa belle-sœur. Mon Dieu que j’ai aimé ces personnages-là!

Quel est le méchant que vous avez préféré détester?
Ce n’est peut-être pas une vraie méchante, mais c’est Lola dans Chambres en ville. C’était la première fois que je m’intéressais autant à un personnage qui n’était pas une douce et gentille blonde. J’avais un attachement incroyable pour Lola, non seulement parce qu’Anne Dorval l’incarnait divinement bien, mais aussi parce que c’était un personnage intéressant avec plusieurs couches. Dès le début, elle était jalouse d’Anick, et je comprenais qu’elle avait tout un passé qui justifiait ça.

Quelle a été votre première apparition à la télévision?
J’avais trois ans lorsque ma sœur de cinq ans a été invitée à l’émission Montréal en direct, qui avait un volet star d’un soir pour les enfants intitulé «Les frimousses». Elle a chanté une chanson apprise à la maternelle. J’étais dans le public, mais on me voyait très bien à l’écran, parce que Roch Denis, qui animait ce segment, a demandé à ma sœur avec qui elle était venue, quel était mon âge et lequel de nous deux était le plus tannant.
Quelle série québécoise vous a le plus marqué?
J’ai des souvenirs très émouvants des moments où je regardais Les filles de Caleb avec mes parents, mes grands-parents, mon parrain et ma marraine. Je m’installais sous la table, et entendre les violons de l’indicatif musical me mettait dans un état d’excitation totale. De plus, j’étais vraiment touché par le personnage de Jessica Barker, qui souffrait d’énurésie, comme moi. Jamais on ne parlait des enfants qui faisaient pipi au lit à la télévision, et c’était quelque chose de pouvoir m’identifier à elle! Je me souviens d’avoir été bouleversé lors d’une scène où elle «s’échappait» sur une chaise.

Quelle finale de série avez-vous trouvé la plus réussie?
Je ne peux pas répondre autre chose que celle de Six pieds sous terre. Le fond et la forme s’épousaient complètement. Cette série s’ouvre en parlant de la mort, et c’était tout à fait à propos qu’elle finisse avec la mort de chaque personnage. Ça m’émeut encore beaucoup.

Quelle émission qui n’est pas une série de fiction regardez-vous religieusement?
RuPaul’s Drag Race; j’ai vu tous les épisodes. Il y a bien des choses qui m’agacent profondément dans cette émission, mais je l’aime, peu importe les failles. Mon Dieu que je les aime, ces drag queens-là! Et parmi les émissions québécoises, j’ai adoré Si on s’aimait, qui a été assez controversée, mais qui m’a fasciné. J’ai aimé comparer la complicité chancelante entre les participants et celle, belle et sincère, de Guillaume Lemay-Thivierge et Émily Bégin.

Quel est votre plaisir coupable à la télé?
C’est Friends. L’émission n’est pas un plaisir coupable en tant que telle; c’est plutôt le fait que j’y retourne encore et encore, même si je connais chaque épisode par cœur. Il y a toujours de nouvelles choses à découvrir! Parfois, je m’en veux de la regarder à nouveau, mais c’est un réconfort parfait lorsque j’en ai besoin.

Qui vous fait immanquablement rire au petit écran?
J’ai regardé en rafale la série Schitt’s Creek. Tout le monde capote — avec raison — sur le jeu de Catherine O’Hara, qui est une grande actrice, mais Jennifer Robertson m’a conquis. Pendant un mois, je n’ai publié que certaines de ses répliques sur Instagram. Elle est tellement drôle!

Quelle prestation d’un comédien ou comédienne vous a bouleversé?
J’ai un prix collectif à remettre à l’ensemble de la distribution féminine de Petits secrets, grands mensonges, avec une mention spéciale à Laura Dern.

Qu’est-ce qui vous plaît le plus dans votre travail de chroniqueur à Sucré salé?
C’est d’aller à la rencontre des artistes que j’admire. C’est aussi une occasion de découvrir la feuille de route de chacun, parce qu’avant de réaliser une entrevue, on se prépare, évidemment. Spontanément, je n’aurais peut-être pas consulté toute cette documentation, mais je trouve ça formidable de connaître les artistes autrement grâce à Sucré salé.