COVID-19: oui aux assouplissements, mais agissons avec prudence
Un médecin de soins intensifs rappelle que les cas pourraient repartir à la hausse


Pierre-Paul Biron
La situation actuelle dans les hôpitaux de la région permet les assouplissements annoncés hier par le premier ministre, selon un intensiviste qui rappelle toutefois qu’il ne faudra pas trop s’emporter. «Ça peut changer vite», insiste le Dr Mathieu Simon.
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Le chef du Département de soins intensifs de l’IUCPQ, centre désigné COVID-19 à Québec, est d’accord avec les annonces d’hier. La tendance sur son département depuis la dernière semaine le convainc de cette décision.
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Moins de décès à l’hôpital
«Ça ne m’inquiète plus sur la capacité du réseau à tenir le coup», lance le Dr Simon, précisant que la baisse des hospitalisations et des décès sur son étage est de bon augure. «Actuellement, les gens que l’ont voit mourir se trouvent principalement en CHSLD et en RPA. Les décès à l’hôpital ont diminué.»
Pour la suite, il faudra malgré tout demeurer prudent. Le Dr Simon estime que les mesures sanitaires des dernières semaines ont prouvé leur efficacité et que la population ne devra pas trop s’en éloigner rapidement pour éviter un retour à la case départ.
«Il y a deux semaines, on me questionnait sur le protocole de triage, sur quel patient allait vivre et lequel allait mourir, puis aujourd’hui on se parle de quels commerces devraient ouvrir. C’est la preuve que les choses peuvent changer très rapidement», rappelle le médecin de soins intensifs.
«Si les gens ne suivent pas les mesures qui resteront en place, si certains exagèrent ou si les variants sont plus présents, on pourrait devoir revenir en arrière.»
La bonne recette
Mais la bonne nouvelle pour l’expert, c’est que l’on connaît maintenant la recette.
«Le confinement, le couvre-feu et la fermeture d’à peu près tout ont montré qu’on peut réduire de près du deux tiers l’occupation hospitalière et les cas quotidiens», souligne Mathieu Simon, satisfait de la rapidité de cette recette.
Et alors que les régions de l’Est passeront au palier orange, est-ce qu’on peut anticiper le même scénario pour Québec sous peu ou il est trop tôt ?
«Je vois l’ouverture des régions comme une expérience. Si on ouvre et que les chiffres sont bons, le gouvernement va se sentir plus confortable d’ouvrir par la suite des régions plus densément peuplées, où les cas sont encore un peu élevés», analyse le spécialiste.
LE BILAN D’HIER DANS LA GRANDE RÉGION DE QUÉBEC
Capitale-Nationale
- 61 nouveaux cas
- 82 hospitalisations, dont 14 aux soins intensifs
- 8 décès
- 759 cas actifs
- 69 éclosions en cours
Chaudière-Appalaches
- 22 nouveaux cas
- 22 hospitalisations, dont 5 aux soins intensifs
- 2 décès
- 415 cas actifs
- 60 éclosions en cours