Spectaculaire et touchant
The Prom ravira les fans de comédies musicales

Bruno Lapointe
Après son sublime The Boys in the Band, le réalisateur américain Ryan Murphy s’attaque à une nouvelle production ayant fait courir les foules sur Broadway : The Prom. Le résultat, une comédie musicale bardée de strass et de paillettes arrive ici comme un véritable cadeau de Noël pour les fans du genre.
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L’adaptation d’une comédie musicale à succès est une tâche périlleuse. Parlez-en à Tom Hooper qui a réalisé le fiasco qu’a été Cats, à pareille date l’an dernier. Ou, encore mieux, parlez-en à ceux qui ont vu ce nanar. Très franchement, on ne s’en remettra peut-être jamais.
Bref, on attendait donc avec appréhension la relecture de The Prom, transposée à l’écran par Ryan Murphy et déposée sur Netflix aujourd’hui.
L’homme qui nous a offert les Glee et American Horror Story met donc aujourd’hui sa touche sur ce récit où une adolescente désireuse d’assister à son bal des finissants au bras de sa copine se voit confrontée aux préjugés des dirigeants de son école, prêts à aller jusqu’à annuler l’événement plutôt que d’accepter qu’un couple homosexuel y assiste.
Heureusement, l’histoire fait grand bruit, se répandant comme une traînée de poudre sur les réseaux. Elle vient ainsi aux oreilles d’un groupe de stars de Broadway déchues qui y voient l’occasion parfaite de redorer leur image en venant en aide à l’adolescente ostracisée.
Quelques minutes suffisent à reconnaître la signature visuelle de Ryan Murphy. Car The Prom, c’est léché, c’est coloré, c’est (très !) scintillant et ça capture parfaitement toute l’opulence et la démesure des productions musicales de Broadway.
Distribution étincelante
Les numéros musicaux, tous exécutés avec justesse et précision, sont enlevants, tous s’avérant particulièrement mémorables. À ce chapitre, on ne peut passer sous silence le travail de sa distribution étincelante. Meryl Streep y est fidèle à elle-même (soit absolument fabuleuse), tout comme Nicole Kidman et l’irrésistible nouvelle venue Jo Ellen Pellman.
Mais The Prom a un principal problème. Son nom : James Corden.
L’acteur cabotine ici dans la peau d’un personnage homosexuel dont il brosse le portrait à grands coups de clichés exaspérants et d’exubérance forcée qui feront rouler des yeux et soupirer n’importe quel membre de la communauté LGBTQ.
Certes, l’orientation sexuelle de ce Barry Glickman est particulièrement caractéristique et intrinsèque à son arc narratif. Mais le rôle peut être défendu avec beaucoup plus de nuance – et de bon goût – comme l’a prouvé brillamment Brooks Ashmanskas sur les planches de Broadway dans le passé.
The Prom ★★★1/2
Un film de Ryan Murphy
Avec Meryl Streep, Nicole Kidman et James Corden
Disponible sur Netflix