Stéphane Jacques s’est inspiré de France Castel pour un de ses rôles

Écoutez «Alertes» les lundis, 21h.

Dominic Gouin / TVA Publications

Alicia Bélanger-Bolduc

2025-02-27T11:00:00Z

Depuis 35 ans, le comédien Stéphane Jacques habite nos écrans avec aisance, traversant les époques et les genres avec une polyvalence admirable. Cette année encore, nous le découvrirons dans des productions captivantes telles qu’Alertes, L’indétectable, Le dernier des monstres et bien d’autres. Voici un comédien dont la carrière, loin de s’essouffler, continue de se réinventer.

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On te voit présentement dans la nouvelle trame d’Alertes. Quelle a été ton expérience sur le plateau?

Le gérant d’hôtel Armand Savard est un personnage complexe qui a été très plaisant à construire avec l’équipe. La beauté de cet homme, c’est qu’il a une façade très froide, mais qu’on découvrira finalement son côté bien sensible. Il est central à l’intrigue et devra plonger dans son passé pour révéler des secrets bien cachés. C’était un plateau extraordinaire puisqu’on s’y sentait rapidement à l’aise de s’abandonner à nos émotions et je n’ai pas vécu cette expérience partout. Le réalisateur, Mathieu Handfield, est aussi comédien, donc il comprend très bien nos enjeux et est continuellement à l’écoute.

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L’année 2024 a été chargée de beaux tournages que le public pourra découvrir en 2025!

En effet, on pourra me voir en autres dans Le dernier des monstres où je jouerai le chef de cette secte malveillante. C’est un personnage très troublé que j’ai eu beaucoup de plaisir à interpréter. Je serai aussi dans la nouvelle série L’indétectable aux côtés de Sophie Nélisse. Mon rôle est celui d’un ancien directeur du Service canadien à la retraite et on fera appel à moi pour les aider dans une opération top secrète. De très beaux personnages complexes et très différents, c’est vraiment ce que je préfère.

Comment est arrivé le métier de comédien dans ta vie?

Ça m’est tombé dessus un peu par hasard. J’étais en quatrième secondaire et à la fin d’un cours, une fille de ma classe est venue me dire qu’il manquait quelqu’un pour la pièce de théâtre, et j’ai décidé de les joindre. J’ai tellement eu la piqûre que l’année suivante, j’écrivais la pièce, et je n’ai pas arrêté depuis! Si elle n’était pas venue m’aborder, je ne crois pas que je serais devenu acteur! Je n’étais pas un enfant artistique, mais j’avais une grande gueule et j’aimais faire des blagues, donc j’imagine que c’est pourquoi elle a vu du potentiel en moi.

Il rêvait de devenir quoi, le petit Stéphane, avant ça?

J’aurais aimé être cuisinier. J’ai grandi dans l’hôtel de mes parents, à Saint-Jean-Port-Joli, et j’aidais toujours ma mère dans la cuisine. C’est encore ma passion, mais j’ai vu mes parents travailler tellement fort et sans relâche que je savais que je ne voulais pas faire comme eux.

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Après 35 ans de métier, comment décrirais-tu ta carrière?

Après d’innombrables rôles et une centaine de productions théâtrales, je crois qu’on me considère comme un acteur solide. On ne m’appelle pas nécessairement pour les premiers rôles, mais on sait que je vais faire un travail efficace. C’est aussi ce que je voulais de mon métier. Je ne suis pas quelqu’un qui a besoin de cette lumière et qui la cherche à tout prix. Je considère vraiment ma profession comme toutes les autres et non une exception. Je suis fier parce que j’estime que j’ai tout fait dans ma carrière!

Tu as d’ailleurs cofondé le Théâtre Urbi et Orbi à ta sortie de l’École nationale. Quelle a été ta motivation?

J’ai voulu travailler avec un collègue de classe, Yvan Bienvenue, qui écrivait des textes exceptionnels. On désirait créer un espace créatif dès le début de notre parcours. J’étais déjà dans le milieu du conte. Avec la troupe, on a mis sur pied les Contes urbains, qui ont eu un énorme succès pendant au moins 20 ans et qui se sont même exportés à travers le monde! C’est là que nous avons appris à vivre de ce métier, avec tout ce que ça implique. J’ai beaucoup aimé cette partie de ma vie. C’est maintenant Yvan qui gère la compagnie.

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Tu as également enseigné pendant huit ans à l’École nationale. Quel était le sentiment d’y retourner en tant que professeur.

Je suis encore impressionné de recroiser mes élèves sur les plateaux de tournage. J’ai eu le bonheur d’enseigner à des acteurs et actrices de talent comme Charlotte Aubin, Guillaume Cyr et Rachel Graton, et les liens tissés au fil du temps restent précieux. Enseigner m’a aussi apporté une meilleure compréhension de mon propre travail. Depuis mes débuts en tant que comédien, j’ai développé une méthode simple et concrète pour tracer le chemin émotionnel d’un rôle, et certains de mes anciens élèves me remercient encore aujourd’hui pour cet apprentissage. D’ailleurs, par passion et par envie de transmettre, je continue à offrir des cours bénévolement à quelques personnes, chez moi.

Quel conseil aurais-tu aimé donner au Stéphane qui débutait sa carrière?

Je ne crois pas qu’il faille dire aux jeunes que ce métier est difficile et de se trouver un plan B. On doit plutôt leur dire de foncer et d’y aller à fond! On ne doit pas éteindre la ferveur des jeunes, parce que c’est leur principal moteur. Notre profession est ardue. En vieillissant, on a moins d’énergie et ça peut nous rentrer dedans. La passion, comme dans tout métier, il faut la cultiver au fil des années. Mais la motivation de notre jeunesse, il faut la préserver autant que possible.

L’un de tes rôles marquants a été celui de Suzon dans Une autre histoire. Est-ce que certains personnages nous touchent tellement qu’ils laissent une empreinte en nous?

Quand j’ai décroché le rôle de Suzon, la première personne qui m’est venue à l’esprit, c’est France Castel. J’ai même eu la chance de le lui dire en la croisant par hasard, quelque temps plus tard. France est une femme qui a beaucoup vécu, et l’une de ses plus grandes qualités est son absence de jugement. Avec l’expérience, elle a appris à accepter les gens tels qu’ils sont. Suzon lui ressemblait sur ce point: après avoir traversé des épreuves terribles, elle était devenue une femme à l’écoute, sans attentes ni a priori. Ce personnage m’a enseigné à ne pas chercher à changer ceux qui m’entourent, mais simplement à les accueillir comme ils sont. J’ai aussi interprété d’autres rôles très complexes où il ne s’agissait pas d’humaniser ou de justifier les actes posés, mais seulement de les comprendre. On apprend beaucoup de ce type de personnage.

Que peux-tu nous dire sur ta vie personnelle?

Je suis très heureux! J’ai deux enfants et maintenant, je suis le grand-père d’Oscar, qui a deux ans et demi, et de Juno, six mois. Oscar, c’est mon meilleur ami. Je ne peux pas expliquer l’amour exceptionnel que je vis présentement. Il vient me voir les fins de semaine, et 10 minutes après son départ, je m’ennuie déjà. Ça ne me dérange pas de ralentir dans mon métier parce que je suis si bien entouré. Je possède une belle maison en campagne avec ma blonde et ma vie personnelle est très riche.

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