«Sucré Givré»: Jean-Philippe Dion lève le voile sur ses derniers mois mouvementés

Jean-Philippe Dion anime «Sucré Givré», du lundi au mercredi à 19 h 30, à TVA et sur TVA+.

Samuel Pradier

2026-01-08T11:00:00Z

La dernière année a été particulièrement chargée pour Jean-Philippe Dion. Il a produit et animé Star Académie — en plus de présenter le spectacle en tournée — et est aussi devenu président des productions Déferlantes. L'année 2026 ne devrait pas être plus reposante, puisqu’il commence en force en animant Sucré Givré, le nouveau rendez-vous culturel de TVA. Il s’est confié sur ses derniers mois, sa nouvelle émission et ses projets.

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Jean-Philippe, comment est née l’idée de Sucré Givré?

TVA songeait depuis longtemps à ramener un peu plus de culture en ondes, et comme Sucré Salé fonctionne très bien durant la période estivale, on s’est dit qu’on pourrait créer une déclinaison en hiver. J'aimerais bien que ça devienne un rendez-vous annuel, comme Sucré Salé. Il y a moins d’émissions culturelles de ce genre, alors qu’on n’arrête pas de dire que la culture est importante. Mais les artistes n'ont presque plus de tribune pour présenter leurs projets, pour parler de leurs créations. Je trouve qu'il y a quelque chose d'identitaire dans ce genre de rendez-vous.

Quelle direction souhaites-tu donner à cette émission?

Il faut être capable d’attirer l’attention différemment, parce qu’à l’heure de la diffusion, il y a des familles qui sont en mode bain et/ou devoirs pour les enfants, d’autres font la vaisselle, sans compter les gros rendez-vous télévisuels comme les quotidiennes et les séries diffusées sur les autres réseaux. C’est la raison pour laquelle on a voulu une émission avec plus de rendez-vous, moins de collaborateurs, et des concepts plus formatés pour nos Givrés. Pour mes entrevues, je veux apporter une touche Accès illimité. Ce ne sera pas la même chose, mais on va mettre un peu de cette couleur. J’aime être dans la création, sentir comment ça se passe, voir les coulisses et les dessous des projets. On va accompagner les artistes dans leur quotidien, dans leur vie professionnelle et aussi dans leur vie personnelle.

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Comment s’est fait le choix des Givrés?

On s’est dit qu’il fallait utiliser des marques que les gens aiment et qui fonctionnent bien. Le web est un laboratoire extraordinaire pour essayer des choses. Par exemple, quand Étienne Marcoux a décidé de lancer les capsules «Étienne te ramène», ça a pris du courage et de la détermination. Mais quand le produit est bon, ça marche, et Étienne en est un bon exemple. Je le connais bien, puisqu’on a déjà travaillé ensemble, et c’est d’ailleurs l’un des premiers à qui j’ai pensé pour cette émission. On a aussi Lambert Drainville, qui est un gars brillant. En raison de ses racines familiales, il est le fils de Bernard Drainville, il baigne dans la politique depuis toujours. Il en connaît les rouages, il a déjà été attaché de presse d’un ministre, et il a une crédibilité dans ce milieu. Il va aller à la rencontre des politiciens pour parler d'enjeux de société, de ce qui se passe dans le monde, mais de façon très ludique.

Et il y a aussi des collaborateurs plus connus...

En effet, Sabrina Cournoyer, de Salut Bonjour, avait envie de pouvoir couvrir l’actualité culturelle autrement. On va lui laisser un terrain de jeu encore plus grand et plus libre. Et comme je voulais qu’on parle de bouffe dans l’émission, parce que la culture est aussi culinaire, j’ai tout de suite pensé à Sébastien Benoit. Il est certainement celui qui a le plus beau carnet d’adresses de restos au Québec. Quand j’ai besoin d’une suggestion de resto, je le texte pour essayer d’avoir un peu d’aide, et j’ai même des gens de ma famille de l’extérieur de Montréal qui viennent en ville pour découvrir des adresses que Sébastien a essayées avec ses invités.

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Il y a déjà plusieurs talk-shows en ondes durant la saison hivernale. Comment allez-vous faire pour vous démarquer?

D’abord, je ne veux pas faire d’entrevues assis autour d’une table, je veux aller davantage dans les coulisses. On va aller sur le terrain, à la rencontre des gens. On veut vivre les choses avec les invités... Je trouve que c'est ce qui donne une couleur différente à l’émission par rapport à ce qui se fait ailleurs. C’est la raison pour laquelle je me suis levé à trois heures du matin pour être chez Mario Dumont avant de le suivre dans sa journée. Quand je suis dans le véhicule avec lui qui conduit et qu’on s’en va à la station de radio, c'est là qu'on vit des moments uniques. Il y a quelque chose de beaucoup plus intime, et on en apprend autant qu'avec une entrevue.

PHOTO FOURNIE PAR TVA
PHOTO FOURNIE PAR TVA

Pour toi, 2025 a été une année occupée, avec beaucoup de premières fois. Quel bilan en fais-tu?

L’année dernière, à cette période, j’étais à 1000 % dans Star Académie, et c'était mon plus gros défi en carrière. Ça reste véritablement un de mes plus beaux projets professionnels à vie. On a eu du fun, et toute l'équipe était extrêmement triste que ça ne revienne pas, parce qu'on était vraiment soudés. On ne se rappelle jamais à quel point c'est intense et fatigant, mais c’était exactement l’émission qu'on avait envie de faire. Quand ça s’est terminé, j'ai vraiment connu une période difficile pour le moral. Le fait que ça ne revienne pas amenait aussi une espèce d'insécurité face au milieu, à ma compagnie, le tout conjugué à une grosse chute d'adrénaline. Il m’a fallu un bon mois pour m’en remettre.

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À ce moment-là, avais-tu quand même des projets devant toi?

Pas vraiment. J'étais en quête de savoir quel serait mon prochain projet, je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire. Je savais que La vraie nature ne revenait pas, et j’ai entrepris une réflexion sur l’avenir de la compagnie, ce qu'on fait, où on s'en va, comment on va faire pour rester forts à travers cette tempête que traverse l'industrie... Il y a aussi le stress de garder nos employés, de les faire travailler pour nourrir leurs familles; j’avais tout ça dans la tête. Lorsque je suis parti en vacances, j'étais assez stressé par l'avenir et par ce qui allait nous attendre, collectivement, en télévision. En plus, lors de ma deuxième journée de vacances, une partie de mon chalet est passée au feu. J'ai vécu ce stress extrême avec mon chum et mon fils, à nous demander si on allait tout perdre. On a finalement perdu beaucoup de choses, mais pas l'essentiel. Mes vacances ont commencé comme ça. On n’a pas vraiment eu beaucoup de repos. Et je n’ai même pas mentionné le fait que mon associé et ami a décidé de quitter, après 20 ans de collaboration. Les derniers mois ont été pas mal mouvementés.

Comment as-tu fait pour garder le moral et tenir le cap?

On a déjà une chance que le chalet ne soit pas complètement passé au feu, parce que c'est là que je suis capable de recharger mes batteries, d'être dehors, dans la nature, et de me retrouver avec ma famille et mon chien. Ces moments me font beaucoup de bien. Je suis aussi capable de segmenter mon temps. Actuellement, je suis dans l'œil de la tempête, on tourne, j’ai des dossiers à préparer, il se passe beaucoup de choses. Mais durant les fêtes, j’ai été capable de tout fermer, de me reposer et de faire d'autres choses.

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On sait que tu es un passionné. Est-ce facile pour toi d’arrêter et de faire autre chose?

Je pense toujours au travail, mais je suis extrêmement bien organisé, et c'est ce qui fait que je reste équilibré. D’ailleurs, mon agenda est comme la bible de ma vie, tout est planifié et prévu à la minute près. C’est ce qui me permet d’en faire beaucoup et de pouvoir arriver au bon moment. L’organisation, c’est le secret, et il faut aussi être bien entouré. Mon chum en prend beaucoup sur ses épaules. Mon père m'aide aussi dans le projet de reconstruction du chalet et il va visiter le chantier de temps en temps. J'ai une famille qui m'aide vraiment beaucoup.

Parlant de ton conjoint, Martin, vous êtes ensemble depuis 22 ans. Comment arrivez-vous à réinventer votre couple après autant d'années?

J’avoue qu'en ce moment, je n'ai pas beaucoup de réflexions sur la manière de réinventer mon couple, parce que j'essaie juste de survivre jusqu'au mois d'avril. La vie familiale, le couple, la job, l'animation, c’est pas mal intense. Je suis conscient que ça ne doit pas être facile d’être en couple avec moi, parce que je jongle avec plusieurs dossiers. Je suis animateur pour Sucré Givré, mais je suis aussi producteur pendant la journée. Quand l'animateur travaille ses dossiers et ses textes, c'est le soir ou la fin de semaine, dans les périodes où le producteur n'est pas au bureau. Il y a aussi tous les moments de notre vie personnelle, de notre vie de couple, de notre vie familiale où je ne suis pas là. En décembre, je suis allé en France faire des entrevues alors que c’était l'anniversaire de ma belle-mère. Mon chum arrive quand même à gérer tout ça tant bien que mal. Depuis le temps, il connaît aussi la bête.

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Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD
Photo Agence QMI, MARIO BEAUREGARD

Il y a quelques mois, tu nous disais vouloir ralentir. Le pensais-tu vraiment?

C'est un échec monumental, mais j'ai un petit côté intense et je pense que ralentir, pour moi, ça va se faire à 95 %. Un jour, je vais passer du tout au tout. J'aimerais pouvoir me permettre de prendre une année sabbatique, de me retirer de ce métier à un moment donné, pour me permettre de souffler et d'essayer d'autres choses. J'ai le goût de me challenger dans d'autres types de défis dans ma vie, en dehors de la télé.

Tu as récemment pris les rênes des productions Déferlantes. As-tu toujours eu une fibre entrepreneuriale?

La réalité était que, soit on vendait la compagnie, soit on cédait la présidence à quelqu'un qui ne connaissait pas l’ADN de Déferlantes et les équipes en place, ou que je devenais moi-même président. J'aimais mieux prendre le poste, avec la volonté de stabiliser la compagnie et de rassurer tout le monde. Après, je me suis entouré d'une équipe solide. On a fini de restructurer tout ça à la fin de l’année, et je n’ai aucune crainte pour les prochains mois. Cette fibre entrepreneuriale est en moi. Mon père était entrepreneur, je l'ai vu travailler et diriger une entreprise toute sa vie.

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Comment entrevois-tu l’année 2026?

Je vais être à fond dans la nouvelle émission, parce que je ne suis pas le type d'animateur qui va arriver la première journée de tournage pour commencer la job. Je suis investi dans l’émission, dans la direction artistique, c’est ça qui me rend heureux. Je voulais m'assurer d’avoir envie de travailler avec chacune des personnes. C’est important pour moi de m’assurer qu’il y ait une cohérence dans un projet télé pour que tout le monde travaille bien ensemble. Ensuite, je ne sais pas ce qui va m’attendre pour le reste de l’année, je ne sais pas si La vraie nature va revenir. Dans le contexte actuel, c'est difficile de prévoir longtemps d’avance. Il y a beaucoup de gens qui me disent que 2025 était comme une année pour rééquilibrer les choses, et qu'en 2026, on repart à neuf.

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