Suivez Éric Lapointe dans les coulisses de son spectacle célébrant les 30 ans de son album «Obsession»
La nouvelle version de l’album «Obsession» est disponible sur les plateformes numériques ainsi qu’en version vinyle.
Patrick Delisle-Crevier
Éric Lapointe a rassemblé ses musiciens, ses amis et des centaines de ses fans afin de célébrer avec eux la réédition de son premier album, Obsession, qu’il a totalement réenregistré, et trois décennies d’une carrière bien remplie. Le théâtre L’Olympia était endiablé et le rockeur était heureux de retrouver ses fans. Entrevue avec Éric Lapointe dans un resto, quelques minutes après sa sortie de scène.
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Éric, comment on se sent après une telle soirée?
Je suis tellement heureux de ce que j’ai vécu ce soir! C’était mon premier spectacle à L’Olympia en carrière. C’est l’année des grandes premières pour moi, puisque j'ai aussi fait mon premier Théâtre Saint-Denis et mon premier Club Soda dernièrement. L’énergie de la foule était fantastique ce soir: ça donne des ailes!
Est-ce que tu t’attendais à un tel accueil?
On ne sait jamais à quoi s’attendre, surtout au lancement d’un album. Mais ce soir, c’était l’anniversaire d’Obsession, mais aussi de mes 30 ans de carrière. Je me suis donc payé la traite: j’ai décidé d’en faire un spectacle. Et je ne pouvais pas faire seulement 35 minutes de spectacle.

À un moment donné, c’était devenu compliqué pour toi de faire des spectacles à Montréal. Mais on dirait que le vent a tourné...
Ça me fait plaisir de jouer à nouveau à Montréal. Même avant les événements récents, j’ai toujours été un artiste qui marchait plus dans la couronne de Montréal que dans la grande ville. J’ai toujours été plus fort en région. Mais là, on dirait que le vent tourne, et ça me rend heureux parce que je suis montréalais. Je me souviens d’une époque, à mes débuts, où j’enchaînais les spectacles au Spectrum. J’en ai déjà fait une dizaine par année. Je suis donc content de jouer à Montréal à nouveau.
Ça te fait quoi de relancer ton premier disque dans une version nouvellement enregistrée?
Je suis heureux parce que je voulais faire une réédition anniversaire de l’album, mais je n’avais pas les droits pour le faire, car je ne suis pas propriétaire des bandes originales. Ç’a donc été un beau prétexte pour retourner en studio et enregistrer ces chansons à nouveau. Ça m’a fait du bien de me replonger dans ces chansons, dans des souvenirs et dans le tourbillon du début. Ce fut un beau prétexte aussi pour nous amuser à reproduire le disque, mais avec une autre réalisation et d’autres musiciens. J’ai pu réinventer cet album qui sonne maintenant encore plus rock! Certaines chansons ont pris de nouvelles directions avec les années, et ma voix est différente aussi.

Que représente ce disque pour toi?
Ç’a été le début de tout! J’ai écrit ce disque, alors que j’étais un pur inconnu qui gagnait sa vie en tant qu‘éboueur et je n’avais pas d’argent. Je restais dans un quatre et demi au coin des rues Beaudry et Ontario. Je n’avais pas de meubles et je mangeais des nouilles Ramen et des pâtes au ketchup! C’était des années coups-de-poing. Je me tenais avec Roger Tabra et, un jour, on a décidé d’écrire une chanson ensemble. Ç’a été N’importe quoi, qui est devenue la plus grosse chanson de cet album.
As-tu eu la carrière que tu voulais?
Je n’avais pas de plans de carrière, mais c’est certain que ça va bien au-delà de mes espérances. J’ai une bonne carrière qui se poursuit. J’ai vécu des moments tellement incroyables! J’ai rencontré des artistes incroyables et j'ai collaboré avec eux! Je ne pouvais pas espérer mieux. J’espère que ça va continuer, même si pour moi, chaque soir, c’est le premier et le dernier spectacle. Ça a tellement passé vite, c’est fou.
Et comment va Éric en ce moment?
Je vais très bien, sauf que mon toit coule à la maison. J’ai eu un gros dégât d’eau cette semaine. Sinon, ça va super bien! Je suis en forme, j’ai de l’énergie et je viens de commencer ma tournée acoustique. C’est le fun parce que c’est une énergie complètement différente et aussi parce que je me suis surpris à me trouver un petit côté humoristique. Dans ce show, que je présente surtout ce printemps, je parle beaucoup plus. Et cet été, je vais me promener avec mon spectacle plus rock, 30 ans d’Obsession. Ça fait plus de 15 mois que je n’ai pas bu une goutte d’alcool et c’est le sevrage le plus facile que j’ai fait dans ma vie. Je pense que cette fois-ci, c’est la bonne, parce que j’étais tanné de toujours rechuter et d’avoir à recommencer tout le temps.
Tu es donc rendu sage...
Pas tant que ça, mais quand même un peu. Je suis rendu tellement casanier que je me force parfois pour aller voir mes chums. Avant, c’était un soir de gala tous les soirs. Maintenant, je me couche de bonne heure et j’aime ma solitude. J’ai aussi mes deux fils. Je suis bien dans ma sobriété avec eux.

L'un de tes deux fils était avec toi ce soir. Comment vont-ils?
Ils vont très bien. Édouard, mon plus jeune, va avoir 13 ans. Christophe-Arthur a 14 ans et, cet été, il va travailler avec moi, car il va me suivre en tournée. Je suis fier parce qu’il m’a demandé de le faire travailler. J’ai donc décidé de l’embarquer sur la tournée. Il sera apprenti: il va garder mes guitares et loader et déloader des camions. Je suis bien content de ça.
En terminant, à part ton album Obsession et tes deux spectacles, as-tu d’autres projets?
Je suis fier de t’annoncer que dès le 31 décembre prochain, ce sera le grand retour des partys du jour de l’An d’Éric Lapointe. Nous allons défoncer l’année en grand au Centre Vidéotron. Ça va terminer les célébrations des 30 ans de carrière. Ce sera un spectacle mémorable. Il y a de grosses affaires qui s’en viennent.