Cet ancien Montréalais veut prouver qu'on peut se déplacer à vélo 12 mois par année, même en région

Andréanne Lemire/Agence QMI
Photo portrait de Jean Balthazard

Jean Balthazard

2021-03-05T12:00:00Z

Ce n’est pas parce qu’il a quitté Montréal pour aller vivre en région que Félix-Antoine Tremblay va troquer son vélo pour une voiture. Il a décidé de s’établir à Trois-Rivières justement parce qu’il pourra continuer de rouler à bicyclette 12 mois par année.  

«C’était une condition pour moi, je ne partais pas de Montréal pour avoir un mode de vie basé sur la voiture. Je devais faire toutes mes activités hebdomadaires sans véhicule», explique Félix-Antoine.  

«À Trois-Rivières, toutes mes courses sont à distance de marche ou de vélo. La ville fait [environ] 10 km de bord en bord, donc c’est vraiment idéal.» 

Il a fait beaucoup de «magasinage»

Félix-Antoine a choisi de s’exiler de Montréal pour avoir accès à une propriété plus facilement et pour pouvoir pratiquer des activités de plein air près de chez lui. Avec la pandémie et le télétravail qui s’est imposé au cours de la dernière année, il est loin d’être le seul à avoir quitté la métropole pour s’établir en région.  

Sa décision de déménager en Mauricie a été mûrement réfléchie. Il a «beaucoup magasiné [avant de choisir Trois-Rivières], parce qu’il y a quand même quelques municipalités dont le cœur villageois contient tous les services à distance de vélo».  

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Alors, pourquoi Trois-Rivières? Parce que la ville lui permet non seulement de rouler toute l’année, mais aussi de poursuivre sa carrière en génie civil.

Andréanne Lemire/Agence QMI
Andréanne Lemire/Agence QMI

 

Un vélo... et une voiture 

Même s’il privilégie au maximum le vélo, Félix-Antoine s’est acheté une voiture pour ses plus longs déplacements. «L’endroit pour louer des voitures est à 45 minutes de vélo de chez moi. Il aurait fallu que je fasse 1h30 simplement pour emprunter un véhicule», précise-t-il, ajoutant avoir opté pour une voiture qui consomme le moins d’essence possible.  

C’est entre autres pour diminuer son impact écologique et parce que la lutte aux changements climatiques lui tient à cœur que Félix-Antoine a adopté le vélo comme mode de transport.  

«L’utilisation du vélo, en soi, ne va pas régler à [elle] seul[e] les changements climatiques, mais [elle] va certainement contribuer [à la réduction des gaz à effet de serre] et [elle] va avoir un grand impact à l’échelle locale», insiste-t-il. 

Peu d’aménagements 

Même s’il peut se déplacer à vélo douze mois par année à Trois-Rivières, les aménagements cyclistes sont beaucoup moins nombreux que sur l’île de Montréal. La plupart du temps, il devra donc circuler dans la rue.  

Mais des voitures, il en a vu d’autres. Félix-Antoine se déplaçait à vélo en ville à une époque où les pistes cyclables se faisaient plus rares dans la métropole.   

«À Montréal, je m’en permettais un peu plus. Ici, je vais adapter un peu ma conduite. Les gens sont peut-être moins habitués à côtoyer des cyclistes l’hiver», mentionne-t-il.  

Trois-Rivières devra s’adapter aux vélos 

Les routes trifluviennes, qui sont très larges, paraissent mal adaptées aux vélos. «C’est un environnement qui semble hostile aux cyclistes avec la surlargeur et les rues qui sont presque toutes à 50 km/h. Dans mon cas, par contre, ce n’est pas un enjeu», explique l’ancien Montréalais.    

Or, pour réussir à attirer plus de jeunes professionnels sur son territoire comme elle le souhaite, Trois-Rivières devra, selon lui, s’adapter aux besoins et au mode de vie des citoyens qu’elle courtise. La Ville pourrait, par exemple, faire plus de place aux cyclistes. 

D’ici là, Félix-Antoine Tremblay, tout juste installé dans sa nouvelle ville, compte utiliser son vélo autant que possible, même si, avec le télétravail et le confinement, les déplacements sont moins nombreux. Il espère aussi pouvoir s’impliquer dans la communauté de vélo, comme il le faisait à Montréal. 

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