Tarifs de Trump: Ottawa préfère ne pas dévoiler ses cartes, contrairement à Freeland

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Raphaël Pirro

2025-01-27T19:10:26Z

Le Canada doit résister à la tentation de négocier en public avec l’administration de Donald Trump s’il veut éviter les tarifs douaniers, soutient la ministre des Affaires étrangères Mélanie Joly.

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«Pour nous, ce qui est important, c’est de faire le travail dans les coulisses au niveau diplomatique pour justement s’assurer qu’il n’y ait pas de tarifs, et nous pensons que c’est la meilleure façon de le faire», a-t-elle déclaré lundi, au sortir d’une rencontre du comité des relations canado-américaines.

«La diplomatie, des fois, a un plus grand impact quand elle est privée et discrète», l’objectif étant «de passer des messages sans nécessairement négocier sur la place publique».

Selon le Wall Street Journal, des membres de l’entourage de Donald Trump font pression pour que le président impose des tarifs de 25% au Canada et au Mexique dès samedi, afin de mettre de la pression pour les éventuelles négociations.

Des représailles de 200 M$

Cette position tranche avec celle défendue par la candidate à la succession de Justin Trudeau, Chrystia Freeland, qui a dirigé les efforts de négociations avec la première administration Trump.

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Dans une déclaration écrite, lundi, l’ancienne ministre des Affaires étrangères et ministre des Finances propose de «riposter là où ça fait mal» en publiant une liste de représailles «précises et minutieusement ciblées» chiffrées à 200 millions $.

«Donald Trump utilise l’incertitude pour déstabiliser les Canadiennes et Canadiens. Nous devons faire de même. Les exportateurs américains doivent s’inquiéter de savoir si leurs entreprises seront celles qui seront visées», dit-elle.

De son côté, le candidat Mark Carney, en entrevue avec Radio-Canada, a soutenu la stratégie qui consiste à se servir des exportations d’hydro-électricité québécoise comme levier de négociation avec les Américains.

Acheter local pour répliquer

Chrystia Freeland et Mark Carney ont tous deux appuyé l’idée de stimuler l’achat de produits canadiens en réponse aux tarifs.

Dans le cas de Mme Freeland, cela implique même de faire un pied de nez aux entreprises américaines.

«Dès le premier jour de l’imposition de tarifs sur les produits du Canada, notre pays doit demander à toutes les agences du gouvernement fédéral de cesser d’acheter des produits à des entreprises américaines», en plus d’«interdire aux entreprises américaines de soumissionner pour les marchés publics fédéraux canadiens (à l’exception de la défense)».

Mme Freeland donnerait même la priorité à des entreprises québécoises et canadiennes pour l’approvisionnement, «par exemple Bombardier, Cascade Aerospace ou d’autres entreprises aérospatiales canadiennes».

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