Tarifs douaniers: «Le ton est en train de changer à Washington», assure François-Philippe Champagne

Marie-Anne Audet

2025-02-07T14:51:16Z
2025-02-07T16:30:28Z

«Le ton est en train de changer à Washington», a assuré le ministre canadien de l’Innovation, des Sciences et de l’Industrie François-Philippe Champagne qui poursuit les discussions avec des partenaires américains pour éviter l'imposition de tarifs douaniers de 25 % proposée par l’administration Trump. 

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La mesure, qui a été repoussée au 1er mars au terme d’une rencontre téléphonique entre le président Donald Trump et le premier ministre Justin Trudeau, a déjà commencé à affecter l’économie de certains États américains, a rapporté M. Champagne.

«Vous savez, je regardais le gouverneur du Kentucky qui disait : “Là, avec la menace des tarifs, ça va affecter nos fermiers. On est en train de voir des distilleries qui ferment. On voit que les commandes ont arrêté. [...] Là, c’est l’économie du Kentucky qui va en faire les frais”», a-t-il expliqué en entrevue sur les ondes de QUB radio diffusée au 99,5 FM.

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«[Le gouverneur du Kentucky] reprenait tous les arguments qu’on a faits depuis des mois. [...] Pourquoi [les citoyens] du Kentucky devraient payer pour des tarifs qui sont imposés par Washington? Ce n’est pas notre faute. Nous, on ne doit pas être pénalisé», a-t-il ajouté.

Les chefs d’entreprises aux États-Unis ont également tiré la sonnette d’alarme.

«Je sens que là, ce sont les PDG américains qui me disent : “oui, oui, mais un instant, là, ça va avoir un impact si on commence à jouer dans les chaînes d’approvisionnement qui font qu’on a des produits qui sont compétitifs et ça va augmenter le coût pour les consommateurs américains”», a-t-il décrit.

Les deux économies fragilisées

Jean Charest, qui siège au Conseil sur les relations canado-américaines, a partagé l’analyse du ministre Champagne. Selon lui, Donald Trump a lancé «une opération profonde, intense et urgente aux États-Unis et chez ceux qui font affaire avec le Canada».

«Ils sont en train de faire un examen de leurs opérations avec leur partenaire, puis de calculer 25 %, d’abord, qui va en assumer le coût? Est-ce que c'est la personne qui me le vend ou c’est moi? Est-ce que c'est moi qui repasse ça au consommateur? Est-ce que c'est moi qui repasse ça à mon revendeur?» a questionné l’associé chez Therrien Couture Joli-Coeur et ex-premier ministre du Québec lors d’une entrevue à LCN.

Malgré le rapport de force déséquilibré qui existe entre les deux pays, le Canada possède des matériaux essentiels dont les États-Unis peuvent difficilement se passer.

«Dans des secteurs clés comme l’énergie, l’uranium, le nickel, l’aluminium, là, ils sont très vulnérables à nos décisions, s’ils imposent un 25 %. Alors, [le sursis de 30 jours] qu'il nous a donné, c'est du temps qu'il faut utiliser sagement et avec un sentiment d'urgence pour informer les gens», a poursuivi M. Charest.

Voyez l'entrevue complète dans la vidéo ci-dessus

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