Tarifs sur les autos: ça va faire monter les prix pour les Américains, avertit Champagne


Raphaël Pirro
Les tarifs sur le secteur automobile annoncé hier par Donald Trump feront monter les prix pour les acheteurs américains et baisser la compétitivité américaine, selon le ministre des Finances François-Philippe Champagne.
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«C’est sûr que les tarifs qui ont été annoncés hier vont avoir un impact. C’est-à-dire que les prix aux États-Unis des automobiles vont augmenter [et] la compétitivité nord-américaine aux États-Unis va diminuer», a indiqué le ministre Champagne jeudi.
Il a ajouté qu’à Washington, les gens savent que le Canada a la «capacité» d’investir dans ses propres industries.
«On a tout ce qu’il faut pour être résilient. C’est sûr qu’on va passer une période turbulente, mais moi je suis confiant pour l’avenir», a-t-il dit.
En pleine élection fédérale, le premier ministre Mark Carney a rappelé ses ministres à Ottawa pour une réunion d’urgence à Ottawa, jeudi.
Le président Donald Trump a annoncé hier de manière expéditive des tarifs de 25 % sur les importations de «toutes les voitures qui ne sont pas fabriquées aux États-Unis».
Ces tarifs entreront en vigueur le 2 avril, a-t-il dit.
Premier arrivé dans la salle de réunion en matinée, M. Carney ne s’est pas adressé aux journalistes, qui lui ont demandé à quel moment il avait l’intention d’entrer en contact avec le président Trump.
Les deux hommes ne se sont toujours pas parlé de vive voix depuis l’arrivée de M. Carney au pouvoir il y a près de deux semaines.
Le ministre Champagne n’a pas répondu à la question non plus.
En conférence de presse à Beloeil, le chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet, a affirmé que M. Carney devait parler à M. Trump «aujourd’hui».
«La première chose que tu fais quand tu deviens premier ministre du Canada, c’est de parler au président des États-Unis. Pour une raison qui lui appartient, M. Carney n’a pas voulu faire ça», a-t-il dit.
Le chef libéral a dévoilé à la ville frontalière de Windsor, hier, un plan de 2 milliards $ pour soutenir l’industrie automobile dans le cadre de sa plateforme électorale.
Ce plan inclut la volonté de «bâtir un réseau 100 % canadien pour les pièces automobiles».
Ces nouveaux tarifs pourraient avoir un effet dévastateur sur l’industrie automobile canadienne, qui se concentre dans le sud de l’Ontario.
On a tout ce qu’il faut pour être résilient. C’est sûr qu’on va passer une période turbulente, mais moi je suis confiant pour l’avenir.