Taxer le jus d’orange américain. Pourquoi pas les pommes?

photo julien mcevoy

Émilise Lessard-Therrien

2025-01-14T16:30:00Z

Trump sera en poste dans moins d’une semaine. La menace des tarifs douaniers nous tient en haleine. Riposter ou pas?

Sur la liste des produits américains à taxer pourrait se retrouver, entre autres, le jus d’orange de la Floride. Le symbole est fort. L’emblème même du lieu de résidence de Trump.

Mais des champs d’oranges, ça ne court pas les rues dans nos campagnes.

Tant qu’à vouloir faire mal, pourquoi ne pas faire mieux en donnant de l’élan à l’économie canadienne et préférablement québécoise?

Taxons d’abord ce que nous sommes capables de produire chez nous, au moins, au chapitre des denrées alimentaires.

Une riposte tarifaire comme arme de développement massive

À la maison, on a des provisions du jardin pour encore des mois. On a beau être en janvier, faire toffer les récoltes d’une saison à l’autre, on fait ça depuis des générations.

Pourtant, sur les tablettes des épiceries, les fruits et légumes du Québec, voire du Canada sont très difficiles à trouver. Ce n’est pas normal.

C’est fou de côtoyer des producteurs maraîchers qui peinent à se verser un salaire et de voir des pommes et des carottes états-uniennes au supermarché ou dans nos institutions. Souvenons-nous des compotes chinoises servies dans des hôpitaux de chez nous...

La part de légumes étrangers qui accapare notre marché se chiffre en dizaine de milliards de dollars. Imaginons un instant les retombées dans toutes les régions du Québec si on les cultivait ici. Une opportunité pour la ruralité qui en arrache et qui repart en friche.

Manger, c’est voter

Le Canada peut taxer davantage le made in USA. Mais prendre la population en otage en la faisant payer plus cher son verre de goût de soleil en janvier, ce n’est pas durable.

Québec devrait aussi investir dans des politiques et infrastructures agricoles qui vont considérablement augmenter la présence de nos produits locaux sur les tablettes d’épicerie. Manger, c’est un geste politique.

Et en ce moment, je n’ai pas trop envie de voter américain, mais quel choix avons-nous?

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