Thetford Mines: Des sols contaminés pour végétaliser des haldes minières

Photo courtoisie : Englobe

Julien Garon-Carrier

2021-02-18T21:31:56Z

Une compagnie spécialisée en environnement développe une technique prometteuse de décontamination des sols qui servirait à verdir les amas de résidus d’amiante à Thetford Mines. 

À l’aide d’un procédé de phytoremédiation, une technologie de dégradation des contaminants dans le sol par l’utilisation de plantes, l’entreprise Englobe, qui a son siège social à Québec, tente de décontaminer des sols pollués par des produits pétroliers. Concrètement, il s’agit de stimuler la vie microbienne dans le sol, grâce à l’apport du système racinaire des plantes. Les microbes dégraderaient les produits pétroliers.

Pour tester cela, les sols contaminés ont été étendus sur une aire de résidus d’amiante dans le secteur de l’ancien site minier de Black Lake. «Le contexte était des plus favorables», a déclaré Caroline Senay, vice-présidente aux communications et au marketing d’Englobe, car sur la base d'une initiative privée, la compagnie procédait déjà dans la région à la végétalisation de haldes de stériles – soit des amas de roches retirées lors de l’exploitation minière afin d’accéder aux minerais.

Si l’expérience s’avère concluante, l’entreprise pourra faire d’une pierre deux coups, c’est-à-dire décontaminer des sols tout en végétalisant les haldes d’amiante, offrant ainsi «un nouveau milieu de vie où la biodiversité viendra reprendre ses droits», estime Mme Senay.

Cette procédure présente plusieurs avantages sur le plan environnemental. D’une part, le traitement par phytoremédiation nécessite très peu de manipulation et, selon Caroline Senay, «entraîne une réduction des émissions de GES associées au transport des sols». Et d’autre part, «le recouvrement [des haldes] réduirait sensiblement le niveau de contamination aquatique», a-t-elle déclaré, signifiant par là que la végétation éviterait l’érosion des sols dans les cours d’eau.

L’expérimentation d’Englobe s’échelonne sur quatre ans (2020-2024) sur deux parcelles de sol contaminé de 500 mètres carrés et une parcelle témoin de la même taille, le tout représentant environ 800 tonnes de sols. L’entreprise a reçu une subvention de 126 740$ du gouvernement du Québec pour réaliser ce projet, dont le coût total est de 280 613$.

«L’objectif à long terme est de pouvoir déployer cette approche sur d’autres sites miniers», a affirmé Mme Senay dans un échange de courriels.

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