Témoignage percutant d'une victime de violence conjugale

Agence QMI

2021-03-08T18:51:41Z
2021-03-08T22:48:23Z

En un seul mois au Québec, cinq femmes ont été assassinées dans un contexte de violence conjugale, des cas qui préoccupent une survivante, qui appelle les victimes à quitter leur conjoint et à le dénoncer en ce 8 mars.

Nancy Boucher a vécu quatre années d’enfer avec son ex-conjoint toxique. La femme de Sainte-Sophie, dans les Laurentides, a raconté son histoire à TVA Nouvelles.

Mme Boucher, prise au piège dans le cycle de la violence conjugale, a subi des voies de fait particulièrement violentes.

  • Écoutez l'entrevue du Sénateur Pierre-Hugues Boisvenu avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

«C’était des coups de tête, des coups de poing. Pour l’événement qui s’est passé en juillet, l’été passé, j’ai eu un étranglement et des voies de fait quand même assez importants», a-t-elle courageusement expliqué.

Elle se remémore avoir craint pour sa vie.

«Il y a avait la piscine à côté aussi, il y avait la toile et je me voyais et je me disais: “il va me mettre dans le fond de la piscine”.»

Publicité

Elle soutient qu’il n’est pas facile pour une femme de quitter un conjoint violent, parce que certains sont de très bons manipulateurs.

«Ces hommes-là, autant ils peuvent être méchants, autant ils peuvent être bons et doux. Les bons moments sont tellement bons qu’on pardonne. Ce sont des hommes qui sont beaucoup manipulateurs, ils savent comment jouer», a soutenu Nancy Boucher.

N’empêche, elle invite les femmes à s’écouter et à être alertes au moindre signal d’alarme.

«Il faut vraiment partir dès qu’il y a des petites lumières qui s’allument. Il faut s’en aller, sinon ça ne fait qu’escalader», a-t-elle assuré.

Son ex-conjoint a notamment été accusé de voies de faits et de menaces de mort pour des gestes commis en mars et en juillet derniers. Il est détenu depuis quelques mois et doit revenir en cour le 16 mars au palais de justice de Saint-Jérôme.  

  • Écoutez l’entrevue de Christine Labrie, porte-parole du deuxième groupe d'opposition en matière de condition féminine   

Des milliers d’appels à l’aide

Le nombre d’appels à l’organisme SOS violence conjugale a bondi depuis le 1er avril 2020. Près de 36 567 appels ont été faits auprès de l’organisme de soutien qui peut en traiter jusqu’à 200 par jour.

Pour l’année 2019-2020, 33 000 appels avaient été faits auprès de l’organisme contre moins de 25 000 au cours des cinq années précédentes.

Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS violence conjugale au 1 800 363-9010 ou consultez le sosviolenceconjugale.ca.

Publicité