Toujours sur un nuage
Lauriane Genest a surpassé ses attentes en remportant le bronze au keirin


Richard Boutin
TOKYO | Trois jours après sa médaille de bronze au keirin, Lauriane Genest peinait toujours à réaliser son exploit.
« J’aimerais dire que je le réalise plus, mais ce n’est pas le cas, a raconté la cycliste sur piste », dimanche matin, lors d’un point de presse virtuel.
« Après la remise des médailles, j’ai tellement été occupée. J’ai participé à ma dernière course, dimanche [aujourd'hui], et je n’ai pas pris le temps d’apprécier ma médaille autant que je le devrais. Je me sens vraiment bien, comme dans un rêve et sur un nuage. »
Genest a maintenant hâte de rentrer à la maison afin de « partager » sa médaille avec les gens qu’elle aime.
« Mes parents et mon frère seront les premiers à la voir, a-t-elle précisé. C’est cliché et plusieurs le disent, mais tout est possible avec du travail et de l’engagement si tu suis tes rêves. »
Une surprise
L’athlète de 23 ans visait un top 12 à Tokyo. En surpassant ses attentes, Genest sait maintenant qu’elle peut rivaliser avec les meilleures au monde.
« Ce fut une surprise de remporter une médaille, mais je sais maintenant que je fais partie de l’élite internationale et que je peux aspirer au podium », a-t-elle mentionné.
« J’ai hâte de voir ce que le futur me réserve. Après trois semaines de repos, je vais reprendre l’entraînement et je suis excitée de participer au Mondial en octobre parce que nous avons prouvé comme pays que nous avions de bonnes chances de médailles. »
Un bon instinct
Si elle ne visait pas un podium au keirin en se pointant dans la capitale nippone, la Lévisienne savait toutefois qu’elle était prête à vivre son baptême olympique.
« Je n’aurais rien pu faire de plus, mais je ne savais pas à quoi m’attendre du reste du monde, a-t-elle résumé. Je ne m’attendais pas à un podium et c’était déjà une victoire d’être aux Jeux, mais j’étais plus forte physiquement et mentalement. J’y suis allée une course à la fois. Au keirin, tout peut arriver. Je me suis bien placée et j’ai surpris mes adversaires au sprint. »
« Ça se passe tellement vite au keirin que tu n’as pas le temps de réfléchir, a expliqué Genest. Tu peux faire seulement un move et tu espères que ça sera le bon, ce qui a été le cas pour moi. J’ai fait confiance à mon instinct. Au sprint final, j’étais avec les deux meilleures filles au monde et tout ce que je voulais, c’était de sécuriser ma troisième place en pédalant le plus fort possible. »
Son amie championne
Éliminée samedi matin en quart de finale par son amie et compatriote Kelsey Mitchell, qui a finalement remporté l’or, Genest était satisfaite de sa prestation au sprint où elle a terminé en huitième place.
« Je n’ai pas si mal pris ma défaite en quart de finale. Le sprint était l’épreuve où j’avais le plus de misère avant les Jeux et mon objectif était de terminer dans le top 8. J’ai réussi. Je ne peux pas être déçue ou fâchée. J’ai perdu contre la championne olympique. »