Tournage d’«IXE-13» pour Club illico: raconter la naissance de la guerre froide à Montréal


Guillaume Picard
Le scénariste Gilles Desjardins a eu un plaisir fou à recréer le Montréal d’après-guerre pour la série noire et d’époque «IXE-13», dans laquelle on assiste à la naissance de la guerre froide, dans un monde où des espions québécois doivent stopper les Russes qui souhaitent s’emparer d’une quantité d’uranium enrichi pour créer une bombe atomique.
Sur la Main, dans le fameux Red Light montréalais, des soldats qui ont pris part à des opérations clandestines durant la Deuxième Guerre mondiale – ils étaient notamment chargés d’assassiner des officiers nazis dans la France occupée – tentent de refaire leur vie, mais ils sont appelés à reprendre du service par le colonel Victor Laporte (Vincent Leclerc), qui est directeur du service de contre-espionnage et, à ce titre, en liaison permanente avec le premier ministre canadien.

Tous composent avec des traumas, mais ils n’ont pas une minute à perdre dans les circonstances. C’est le cas de Jean Thibault, alias IXE-13 (Marc-André Grondin), qui tient le Club Christal et un ancien hôtel au-dessus, lieu ayant déjà appartenu à la mafia.
Son ami Marius Lamouche (Hugolin Chevrette) exploite un club de boxe attenant. Il y a aussi Roxane Racicot (Julie Le Breton), qui est maintenant secrétaire au ministère des Affaires étrangères, de même que la journaliste culturelle Gisèle Tuboeuf (Marianne Fortier), qui se retrouve mêlée à toute cette affaire.

Le plateau a ouvert ses portes aux journalistes, lundi, et à voir les décors d’époque, nul doute que les créateurs se sont payés la traite en recréant notamment l’hôtel, la suite de Jean Thibault et le club de boxe de Lamouche. Les décors sont majestueux, assez pour affirmer qu’on se croirait de retour 75 ans en arrière. Les tournages extérieurs, eux, ont tous été faits cet été dans le Vieux-Montréal.
Cette première saison d’«IXE-13», que les abonnés de Club illico pourront découvrir l’an prochain, se déroule en six jours, ce qui ajoute du suspense au récit. Aucun détail n’a échappé à Gilles Desjardins, dont on connait la rigueur sur son autre série d’époques, «Les pays d’en haut».

Créer la bombe atomique
Peu de gens le savent, mais un réseau soviétique avait réussi à infiltrer le laboratoire de recherche atomique de l’Université de Montréal afin de faire main basse sur de l’uranium enrichi. Le but était de créer une bombe atomique et de devenir un ennemi encore plus redoutable.
«Il y a eu de véritables espions québécois en Europe et la guerre froide est née ici, à Montréal et à Ottawa. Je me suis inspiré de l’infiltration du laboratoire de recherche atomique pour mettre en place l’histoire. Il y a eu un gros scandale et une commission d’enquête, les gens sont devenus paranoïaques. Tout ça mis ensemble, ça crée un monde qu’on connait très peu, mais qui est super intéressant», a raconté Gilles Desjardins à l’Agence QMI.


Le Montréal de 1945 ressemble beaucoup à celui de 2022, étonnamment, les époques se rejoignant sur les fronts de l’inflation, des pénuries de personnel et de logement, puis les Russes sont encore sur toutes les lèvres, comme c’est le cas depuis le début de leur agression en Ukraine, auquel s’ajoute le retour de la menace nucléaire par l’entremise de Poutine. M. Desjardins croyait qu’il y aurait une distance historique, mais il en a été tout autrement au fil de ses recherches.
On s’éloigne ainsi du film des Cyniques, qui avait fait d’«IXE-13» une comédie, en s’inspirant de l’œuvre de Pierre Daignault, alias Pierre Saurel, celui qui a créé cet univers d’espionnage en 1947, avant James Bond et Bob Morane. Pour les besoins de la série, on est davantage dans la noirceur, l’action et le suspense.
Les comédiens d’«IXE-13» ont dit...
Marc-André Grondin joue Jean Thibault, alias IXE-13
«Gilles Desjardins a pris les personnages de la série de livres "IXE-13", qui sont un peu à la James Bond, et il les a ancrés dans une réalité d’époque qui est super intéressante. La dimension psychologique est exploitée à travers l’action et ils ont des traumas, comme les gens qui revenaient de la guerre.»
Vincent Leclerc joue Victor Laporte
«Victor est très renfermé, taciturne, c’est un être assez cérébral et très efficace. Il a été blessé à un œil, ce qui m’a demandé de l’adaptation sur le plateau. Je suis content de jouer dans un autre projet d’époque et de retrouver Gilles Desjardins.»
Julie Le Breton joue Roxane Racicot
«Roxane est très complexe et elle va vivre quelque chose d’assez douloureux. Elle a une grande violence en elle. Les gars doivent d’ailleurs la retenir, car elle est en quête d’une certaine vengeance. Elle pourrait tuer beaucoup plus de gens qu’elle ne le fait.»
Hugolin Chevrette joue Marius Lamouche
«Marius, c’est un homme fort, c’est pour ça qu’il a un club de boxe. Il n’est pas très grand, mais dangereux. Même si c’est pour une bonne cause, le groupe va arracher des têtes et briser des familles.»
Marianne Fortier joue Gisèle Tuboeuf
«C’est son métier de journaliste qui couvre les vedettes qui l’amène à l’hôtel de Jean Thibault. Elle va venir poser des questions et essayer de faire un article, puis ça va donner plein de rebondissements. Gisèle est super forte et ambitieuse.»