Fédérales 2021: tout le Québec en élections
Agence QMI
Signe que la campagne fédérale est belle et bien lancée, les pancartes électorales ont commencé à faire leur apparition dans le paysage d’un bout à l’autre de la Belle Province. Tour d’horizon.
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Recyclage électoral à Rosemère
Stéphane Sinclair, Agence QMI
Louis Kemp, un bénévole depuis 2015 au Parti libéral du Canada, s’assure d’amener une petite fibre écologiste dans la campagne.

Ce dernier a pris l’habitude de recycler les cadres de pancartes électorales à chaque élection, qu’ils réutilisent aussi pour les élections municipales à Boisbriand, où il demeure.
«Ça va plus vite et il n'y a pas de perte de bois», a expliqué M. Kemp alors qu’il était occupé, dimanche après-midi, à installer une pancarte pour la candidate libérale dans Rivière-des-Mille-Îles, à Rosemère sur la Rive-Nord.
Il était accompagné, pour l’occasion, par Samuel Lévesque, un jeune homme de 20 ans passionné de politique et qui a expliqué vouloir s’impliquer dans la société pour le bien de sa communauté.
L'Agence QMI les a recroisés à plusieurs reprises et à différents endroits dans la région dimanche après-midi.
Début timide en Gaspésie
Nelson Sergerie, Agence QMI
Les affiches électorales étaient rares en ce premier jour de campagne dans la circonscription fédérale de Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine.
Seule l’équipe du candidat bloquiste Guy Bernatchez s’est activée dimanche dans certaines portions du comté, dans la Baie-des-Chaleurs et la Haute-Gaspésie.

Aucune affiche n’était visible dans les régions de Gaspé et Chandler.
La députée-ministre libérale sortante en poste depuis 2015, Diane Lebouthillier, a indiqué à l’Agence QMI que ses affiches n’étaient pas encore arrivées.
Pour sa part, le conservateur Jean-Pierre Pigeon a précisé qu’il n’y aurait aucune affiche sur les poteaux en Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.
Les premiers points aux libéraux à Granby
Claude Fortin, Agence QMI
Si le Bloc Québécois souhaite conserver la faveur des électeurs dans Shefford, ce sont plutôt les libéraux qui ont marqué les premiers points sur le terrain avec la pose d’affiches.
En effet, les seules affiches électorales observées par l’Agence QMI au centre-ville de Granby, en début d’après-midi dimanche, montraient le candidat libéral, Pierre Breton, et le chef de la formation politique, Justin Trudeau.

Sous le soleil et par près de 30 degrés, l’avis des électeurs auxquels l’Agence QMI s’est adressé variaient quant à leur envie de voir le pays plongé en élection. Un cycliste arrêté à un feu de circulation nous a indiqué « ne rien vouloir savoir d’une élection » à ce moment de l’année.
Un couple qui s’apprêtait à enfourcher leur vélo pour une sortie autour du lac Boivin tenait, pour sa part, un discours plus nuancé. «[Les libéraux] ont assez bien géré la pandémie. [...] Les partis d’opposition ne sont pas de calibre. C’est peut-être le meilleur moment pour eux de se lancer en campagne», a-t-il confié à l’Agence QMI.
«Là, je suis encore en vacances. Je vais m’informer quand ce sera le temps, c’est certain, mais pour tout de suite, je fais du vélo», a renchéri sa partenaire de vélo, avant d’éclater d’un rire contagieux.
Un demi-siècle d'engagement politique
Simon Dessureault, Agence QMI
Daniel Tessier était dans la nacelle de son camion sur le boulevard Iberville à Repentigny pour installer une pancarte de la candidate du Bloc québécois dans la circonscription de Repentigny, Monique Pauzé, tôt dimanche matin.

M. Tessier a commencé à s’impliquer en politique en passant des dépliants pour Jacques Parizeau lorsqu’il était ministre des Finances dans les années 1970.
«Ma passion est la souveraineté, a dit l’homme de 63 ans, retraité de Bell Canada. Demain matin, François Legault enclenche un référendum pour la souveraineté, je vais être dans la nacelle pour poser les pancartes.»
Daniel Tessier a installé 700 pancartes sur 350 poteaux à travers la circonscription.
C’était beaucoup plus tranquille pour le secteur Terrebonne-Blainville. Il y avait quelques pancartes du candidat du parti conservateur, Frédérick Desjardins, et du chef du Bloc québécois, Yves-François Blanchet.
L’Agence QMI n’a pas vu de pancartes de Nathalie Sinclair-Desgagné, la nouvelle candidate du Bloc à Terrebonne.
Aucune pancarte d'un autre parti n'a été aperçue.
Le Bloc rapide dans Lanaudière et en Montérégie-Est
Agence QMI
Ne perdant aucune seconde, les bénévoles du Bloc québécois se sont répandus dans la banlieue nord et sud de Montréal pour être les premiers à s’afficher.
Les militants indépendants ont notamment réussi à coiffer au poteau les autres formations politiques du côté de Joliette et de ses environs, où seules des pancartes du Bloc étaient en vue.
Même scénario en Montérégie-Est où le parti indépendantiste a remporté la course de la visibilité en étant le seul à occuper l’espace en mi-journée à Boucherville, à Beleoil et à Saint-Bruno-de-Montarville, tandis que des affiches cotoyaient celles du Parti conservateur à Saint-Hyacinthe.
Une ancienne ministre répond à l’appel
Stéphane Sinclair, Agence QMI
L'ancienne ministre déléguée à l'industrie et au commerce sous le gouvernement péquiste de Bernard Landry est sortie de sa retraite pour installer des pancartes électorales.
La dame de 75 ans ne voulait pas rester chez-elle pendant la campagne. « Moi, je m'implique pour la cause et tout mon temps est disponible pour Rhéal Fortin. Ils n'ont qu'à demander. Je travaille pour notre cause qui est celle du Québec », a expliqué Lucie Papineau, rentière et ex-ministre péquiste de 2002 à 2003.
La dame mettait la main à la pâte dimanche, en grimpant une échelle, pour installer des affiches au centre-ville de Saint-Jérôme.
« On a commencé à 10 heures ce matin. Je suis vraiment heureuse de m'impliquer », a-t-elle dit
Le doyen du Parlement «pète le feu» pour sa 12e campagne
Caroline Lepage, Agence QMI
Le président du caucus du Bloc québécois et doyen de la Chambre des communes, Louis Plamondon, attaque sa 12e campagne électorale avec une énergie contagieuse, malgré ses 78 ans.
«Je pète le feu! Je n’ai pas pris une journée de congé depuis deux ans. Je suis un passionné de politique», s’est exclamé Louis Plamondon, qui représente ses concitoyens de Bécancour, Nicolet et Saurel à Ottawa depuis 1984.
Lorsque l’Agence QMI l’a rencontré, dimanche matin, il accompagnait des bénévoles qui installaient une pancarte électorale près du pont Turcotte, à Sorel-Tracy, en Montérégie.

Plusieurs automobilistes klaxonnaient, en guise d’appui, tandis que des piétons exprimaient leurs encouragements.
Les bénévoles étaient à l’œuvre depuis minuit afin de couvrir le vaste territoire de la circonscription qui compte une quarantaine de municipalités, sur la Rive-Sud du fleuve Saint-Laurent.
Injustifié
Malgré son entrain, M. Plamondon trouve le déclenchement de cette campagne électorale injustifié.
«Les libéraux ont pris un gros risque», a lancé le président du caucus du Bloc.
Il a déploré que le projet de loi C-216 qu’il avait déposé en novembre 2020, dans le dossier de la gestion de l’offre en agriculture, soit annulé à cause du scrutin du 20 septembre prochain.
Selon lui, le travail au Parlement allait bon train. De plus, la plus courte campagne de sa carrière risque d’être particulière en raison de la pandémie.
Le politicien de terrain affirme avoir beaucoup souffert du confinement. Il espère profiter des rassemblements dans sa communauté, tant qu’ils seront permis, pour aller à la rencontre des siens, sans poignée de main.
«Pour moi, c’est un gros handicap de ne pas pouvoir faire du porte-à-porte», a-t-il commenté.
Sa recette
Chose certaine, son bureau de circonscription est toujours resté ouvert, malgré la COVID, puisqu’il accorde une importance primordiale aux «cas de comté».
«Ça compte plus que les grands discours à la Chambre des communes», a-t-il dit.
Cette approche est la recette de sa longévité en politique, peu importe le parti qu’il représente.
M. Plamondon a d’abord été élu dans le camp conservateur, en 1984, sous le règne de Brian Mulroney. Il est devenu député indépendant suivant l’échec de l’accord constitutionnel du lac Meech. Ensuite, il a joint le Bloc québécois, qui a d’ailleurs tenu son congrès de fondation à Sorel-Tracy, il y a 30 ans.