Travaux pour le tramway: tout un chaos dans Saint-Roch
Les travaux en cours pour accueillir le tramway dérangent plusieurs commerçants


Jérémy Bernier
Après la pandémie, un nouvel obstacle se dresse pour plusieurs commerçants de la Basse-Ville de Québec qui doivent composer avec des travaux monstres devant leur établissement depuis le début de l’été, en pleine tentative de relance économique.
« C’est un joyeux bordel pour tout le monde... », peste Stéphane Bouchard, copropriétaire du Casse-Croûte chez Gaston, situé sur la rue Dorchester.

Depuis le début de l’été, la voie publique devant son commerce et plusieurs intersections connexes sont complètement éventrées en raison des travaux préparatoires à l’implantation du tramway.
Entre le bruit lancinant des pelles mécaniques, la poussière et les conteneurs qui cachent les magasins, les courageux passants doivent en plus se frayer un chemin à travers un dédale de barrières.

« À un moment où on souffre toujours des impacts de la pandémie et de la pénurie de main-d’œuvre, il me semble que c’est pas vraiment le bon moment », déplore M. Bouchard.
Aucun répit
Même son de cloche du côté de la microbrasserie La Korrigane, à quelques pas de là.
Le chemin pour s’y rendre est si laborieux et le bruit parfois si intense qu’on dit perdre presque tout un service le soir.

« On n’a pas d’achalandage avant 20 h, quand les autres endroits plus tranquilles commencent à être pleins », indique Audrey Béchard, serveuse de l’établissement.
Des camions de livraison ont même été incapables de s’y rendre. Résultat, l’établissement se retrouve en rupture de stock de certains produits.
« J’imaginais pas que les travaux auraient une telle ampleur, affirme la copropriétaire, Catherine Dionne-Foster. Ce sont nos clients réguliers qui nous permettent de survivre. »
Un coup à donner
À la boulangerie Le Croquembouche, sur Saint-Joseph, on aurait préféré que ces travaux soient repoussés au moins d’un an. « Ça nous aurait permis de souffler un peu », déclare le gérant, Simon Lavigne, qui dit avoir perdu 20 % de sa clientèle en raison du chantier.

Bien qu’elle convienne que « l’impact est majeur » pour les commerçants situés à proximité, la SDC Saint-Roch est d’avis que c’est un coup à donner pour le mieux.

« C’est sûr que c’est pas les conditions idéales, mais il faut focusser sur le côté bénéfique que ça va apporter ensuite. Le tramway risque d’accroître l’achalandage dans le secteur », estime François Lebel, président de la SDC.

Pour sa part, la Ville dit faire son possible pour atténuer l’impact du chantier sur les commerçants, notamment avec une compensation pouvant aller jusqu’à 30 000 $ par année pour ceux qui sont les plus touchés par le chantier.
♦ La première phase des travaux a débuté à la mi-mai et se terminera en décembre prochain, tandis que la deuxième phase (qui touchera davantage la rue de la Couronne) se tiendra entre mai et août 2022.