Maud Poulin: travailler fort pour amasser ses abonnés

Photo courtoisie
Photo portrait de Anne-Lovely Etienne

Anne-Lovely Etienne

2022-01-27T12:00:00Z

Ce n’est pas pour rien qu’à seulement 25 ans, Maud Poulin cumule 59 000 abonnés sur Instagram : elle a travaillé fort pour créer du contenu mode qui attire l’attention, et a développé des stratégies dès le départ pour faire grandir son audience et obtenir des contrats.  

• À lire aussi: Katie Cung est passée d’infirmière à créatrice de contenu à temps plein

• À lire aussi: Karl Hardy est devenu populaire grâce à la pandémie

Maud Poulin a commencé à créer du contenu sur le web en 2011, en lançant un blogue mode. Elle faisait le tour des friperies et des magasins style Winners spécialement pour l’alimenter de looks et d’outfits.  

En 2012, elle s'est lancée sur Instagram, avec succès : de son secondaire 5 à sa première année d’université, elle a amassé 30 000 abonnés.   

Elle s’est toujours concentrée sur les mêmes sujets. «Je ne touche qu’à la mode, la beauté et le design intérieur, et je pense qu’il faut s’en tenir à sa niche. Les gens s’abonnent à ma page parce que j’offre un certain type de contenu qu’ils recherchent», analyse-t-elle.   

Publicité

• À lire aussi: Influenceurs au Québec : des clichés loin de la réalité

Plusieurs stratégies  

Quand même, les abonnés, ça ne vient pas tout seul : il faut toujours être en action et faire des stratégies pour en récolter, remarque la jeune femme.  

Elle s’est d’abord mise à publier tous les jours. Puis, à approcher des petites compagnies pour leur proposer de la création de contenu gratuite, comme des séances photo. Elle a aussi fait des takeover de comptes Instagram en créant des capsules mode pour des boutiques, et écrivait à d’autres créatrices pour collaborer avec elles.   

«C’est une excellente façon de faire grossir ton auditoire parce que tu te fais voir par d’autres communautés », explique la jeune femme originaire de la Rive-Sud de Montréal.   

Vient quand même un moment où les contrats doivent être payants. Là encore, Maud Poulin s’est lancée dans l’action, en écrivant directement aux compagnies avec lesquelles elle voulait travailler et en réseautant dans des événements.  

Ç’a fonctionné. «Mes deux parents viennent de l’entrepreneuriat et ils m’ont toujours dit de bâtir mes contacts et ce, depuis je suis toute jeune», dit-elle.   

Aujourd’hui, elle fait encore des pitchs du genre, mais plusieurs compagnies l’approchent directement ou par son agence.   

C’est d’ailleurs quand elle a eu 30 000 abonnés qu’elle a signé avec une agence, située à Toronto. Le choix du lieu n’était pas anodin. «Je savais que dans le milieu de la mode, les bureaux-chef sont pour la plupart à Toronto», dit-elle.   

• À lire aussi: 25 influenceurs québécois qui ont de l’impact en 2022

Deux emplois  

Aujourd’hui, elle consacre environ 30 heures par semaine à la création de contenu, et un autre 30 heures à son travail plus classique en consultation marketing.   

Publicité

Elle pourrait pourtant vivre uniquement de ces contrats. «Je fais de une à trois bonnes grosses campagnes par mois, ce qui me paie dans les cinq chiffres», dit-elle.   

Mais par le passé, elle avait tenté pendant 6 mois de ne se consacrer qu’à sa carrière sur les réseaux sociaux, et n’avait pas aimé l’expérience.   

Après tout, comme dans bien des entreprises, il y a des mois où ça va bien, mais d’autres où il n’y a aucune rentrée d’argent. «Je me souviens du stress, je devenais obsédée avec mon rendement, mes chiffres et mes statistiques, parce que je voulais à tout prix décrocher des contrats pour payer mes factures», se souvient-elle. «Je devenais esclave de mon Instagram, le moindre commentaire négatif m’affectait. Ç’a été l’une des pires passes de ma vie.»  

Le fait d’avoir un autre travail est donc salutaire. «C’est ce qui me permet de garder un certain équilibre», dit-elle.  

Ça permet aussi à ses abonnés de s’identifier plus facilement à elle. «Je crois que mon côté plus vrai de la fille qui travaille de 9 à 5, qui fait son épicerie chez Cotsco comme tout le monde, qui conduit une petite auto bien ordinaire et qui achète ses trucs à la pharmacie, juste pour les essayer, font en sorte que les gens se retrouvent dans mes propos», dit-elle.  

«Je suis real avec mes abonnés et d’ailleurs j’achète la plupart du temps mes choses. Je ne fais quasiment jamais d’unboxing, à moins vraiment de triper sur un produit.»  



À VOIR AUSSI

Publicité