Trop tard pour ouvrir un REEE à votre jeune de 12 ans?

Emmanuelle Gril

2025-11-21T05:00:00Z

Une lectrice s’interroge : est-il encore rentable d’ouvrir un Régime enregistré d’épargne-études (REEE) quand son enfant est à l’aube de l’adolescence?

Avec ses généreuses subventions, le REEE est l’un des régimes d’épargne enregistrés les plus avantageux. Cet outil très efficace pour financer les études postsecondaires de son enfant permet d’épargner à l’abri de l’impôt. Ce serait dommage de s’en priver!

Cotiser jusqu’à quand?

Lorsqu’on ouvre un REEE, il est possible d’y cotiser pour un maximum de 50 000$ par bénéficiaire, jusqu’à ce que ce dernier atteigne 31 ans. Il faut savoir que les subventions des deux paliers de gouvernement ne concernent que les premiers 2500$ cotisés, et s’interrompent à partir du 31 décembre de l’année où l’enfant a 17 ans. Toutefois, puisque cet argent fructifiera à l’abri de l’impôt, même sans subvention, cela demeure malgré tout attrayant de contribuer davantage.

«Au moment du retrait, le bénéficiaire est imposé sur les montants, mais uniquement sur la portion qui représente les Programmes d’aide aux études (PAE), c’est-à-dire les subventions et les revenus de placement, et non pas sur les cotisations», explique Daniel Harissa, conseiller en sécurité financière chez Lafond Services financiers et vice-président en gestion financière chez Waltr.

Les étudiants gagnant rarement des revenus élevés, leur taux d’imposition devrait donc être minime ou inexistant, même en incluant les PAE.

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De généreuses subventions

À l’ouverture d’un REEE, la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE) est versée dans le régime à raison de 20% sur les premiers 2500$ cotisés, pour un maximum de 500$ par an jusqu’à concurrence de 7200$ par bénéficiaire. L’Incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE) s’élève à 10% des premiers 2500$ cotisés, pour un maximum de 250$ par an et jusqu’à concurrence de 3600$ par enfant. Les familles à faibles revenus bénéficient également de taux bonifiés pour la SCEE et l’IQEE.

Mais ce n’est pas tout: pour les familles à revenus modestes, un Bon d’études canadien (BEC) de 500$ est versé la première année, puis 100$ par an jusqu’aux 15 ans du bénéficiaire. Sachez que la seule ouverture d’un REEE garantit de recevoir le BEC, autrement dit le bénéficiaire percevra un REEE de 2000$ même si aucune cotisation n’a été effectuée.

Calcul pour un enfant de 12 à 17 ans

Quel serait le montant du REEE si notre lectrice commençait à cotiser dès maintenant ? Il faut savoir que pour un jeune de 12 ans, elle aurait le droit de cotiser doublement jusqu’à l’âge de 17 ans afin de rattraper les années précédentes. 

Si elle double ses contributions, le REEE serait donc 30 000$ (6 ans X 5 000$), auquel viendraient s’ajouter 20% de SCEE (6 000$) et 10% de l’IQEE (3 000$). Si les revenus du ménage sont modestes (moins que 56 000$ annuellement), en plus du BEC, les subventions seraient bonifiées et on obtiendrait un total de 11 100$. Résultat, le REEE grimperait à 41 100$. 

Une belle cagnotte pour les études postsecondaires!

CONSEILS
  • Notre lectrice n’a pas pu cotiser au REEE de son enfant jusqu’à ses 12 ans. Mais elle pourrait rattraper les années de subventions perdues en cotisant davantage les années suivantes.
  • On ne peut rattraper qu’une année de cotisation à la fois et la subvention annuelle maximale de base est de 1000$ pour la SCEE et de 500$ pour l’IQEE. On risque donc de ne pas obtenir toutes les subventions auxquelles on aurait eu droit en cotisant 2500$ chaque année.
  • Attention: pour pouvoir ouvrir un REEE, il faut que le souscripteur et le bénéficiaire détiennent tous les deux un numéro d’assurance sociale (NAS). Il peut s’agir d’un numéro de résident permanent débutant par 2 ou 3, mais aussi d’un numéro de résident temporaire qui commence par un 9.
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