Trump a chargé Musk d’examiner aussi le budget du Pentagone

AFP

2025-02-07T20:25:26Z
2025-02-07T22:34:27Z

Après avoir démantelé la grande agence d’aide humanitaire américaine (USAID), Elon Musk va poursuivre sa charge dans l’éducation et l’armée, a fait savoir vendredi Donald Trump qui jusqu’ici soutient sans ciller les méthodes brutales de son allié milliardaire.

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Le président américain s’est aussi dit favorable à la réintégration d’un jeune employé de la commission extragouvernementale dirigée par l’homme le plus riche du monde, qui avait démissionné la veille après la révélation de messages racistes publiés l’an dernier.

«Il sera réintégré», a déjà promis Elon Musk dans X, son réseau social.

«Je lui ai donné pour instruction d’aller voir dans l’éducation, d’aller voir au Pentagone, c’est-à-dire dans l’armée», a dit Donald Trump pendant une conférence de presse à la Maison-Blanche.

Elon Musk s’est déjà penché sur le sujet, puisqu’il a par exemple asséné, dans X, que selon lui «les programmes d’armement américains devaient être complètement revus».

«Tout est fertile» pour le travail du multimilliardaire chargé de tailler dans la dépense publique, a encore dit Donald Trump.

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«Il a [avec lui] un groupe de gens très qualifiés» qui «savent ce qu’ils font», a encore dit le républicain, alors que les révélations se succèdent dans la presse sur les méthodes parfois brutales des employés, pour la plupart très jeunes, de la «commission à l’Efficience gouvernementale» (DOGE) menée par le patron de Tesla et de SpaceX.

Elon Musk avait demandé vendredi dans un sondage, dans son réseau social X, s’il devait faire revenir l’un d’eux, Marko Elez, 25 ans.

Limites

Ce dernier avait démissionné jeudi après la publication par le Wall Street Journal de ses liens avec un compte X aux multiples billets racistes prônant l’eugénisme.

«J’étais raciste avant que ce ne soit cool», avait-il notamment publié dans son compte en juillet, selon le journal américain.

«Vous ne pourriez même pas me payer pour que je me marie à quelqu’un en dehors de mon appartenance ethnique», avait-il écrit en septembre.

Le vice-président J.D. Vance a apporté son soutien à Marko Elez dans X.

«Je suis évidemment en désaccord avec certains billets d’Elez, mais je ne pense pas qu’une activité stupide dans les réseaux sociaux devrait ruiner la vie d’un gamin», a-t-il déclaré. «Faisons-le revenir», a-t-il réclamé, une demande qui a donc été rapidement suivie par Elon Musk.

Interrogé à ce sujet vendredi, Donald Trump a dit ne pas être au courant «de tous les détails», mais qu’il était sûrement «du même avis» que son vice-président.

En réponse à une question portant sur d’éventuelles limites aux actions d’Elon Musk, le président américain a évoqué: «peut-être les domaines de très haute sécurité».

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Les États-Unis comptent de loin les dépenses de défense les plus importantes au monde, et l’augmentation du budget du Pentagone fait consensus chaque année entre démocrates et républicains, au regard du soutien important aux forces armées, dans la population américaine.

Conflit d’intérêts

Cependant, les activités d’Elon Musk suscitent la colère des démocrates et une avalanche d’actions en justice.

L’homme le plus riche du monde est accusé d’agir en dehors de tout cadre légal, au mépris des règles protégeant les données publiques les plus sensibles, et avec ses intérêts personnels comme principale boussole.

Il est en particulier à l’origine du démantèlement spectaculaire de la grande agence humanitaire américaine, l’USAID.

Il a désormais ses visées sur l’agence de protection du consommateur (CFPB). «RIP CFPB», a-t-il publié vendredi dans X avec un emoji de pierre tombale.

Elon Musk est lui-même en relation d’affaires avec le Pentagone, entre autres gros contrats qu’il a conclus avec le gouvernement fédéral.

La porte-parole de la Maison-Blanche avait assuré cette semaine que le grand patron «se récuserait» de lui-même s’il se trouvait, via ses activités pour le gouvernement, en situation de conflit d’intérêts.

Entamée pendant une campagne électorale qu’Elon Musk a généreusement financée, l’idylle entre l’entrepreneur et Donald Trump se poursuit donc pour l’instant.

Le patron de Tesla a même écrit vendredi dans X: «J’aime Donald Trump autant qu’un homme hétéro peut aimer un autre homme».

Reste à savoir si deux personnalités aussi avides d’attention et aussi éruptives peuvent partager la lumière pendant les quatre ans d’un mandat présidentiel.

Donald Trump a été interrogé vendredi sur la dernière «une» du magazine Time, qui montre Elon Musk occupant le Bureau ovale. Le républicain de 78 ans a répondu qu’il ne l’avait pas vue et dit: «Elon fait de l’excellent boulot».

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