Trump veut retourner à la Maison-Blanche
L’ex-président veut battre les démocrates pour «une troisième fois», a-t-il lancé

Roxane Trudel
On n’a pas fini d’entendre parler de l’ancien président américain Donald Trump, lui qui a fortement laissé sous-entendre dimanche qu’il prévoit se présenter à nouveau aux prochaines élections américaines en 2024: une situation presque sans précédent.
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« Il parle comme un candidat, sans dire qu’il va se présenter dans quelques années. Il a quand même suivi le télésouffleur ce qui montre un minimum de discipline, et pour moi, ça suggère qu’il a pris ça très au sérieux. C’est un discours-fleuve qui était préparé », note Rafaël Jacob, analyste spécialisé en politique américaine et membre de la Chaire Raoul-Dandurand.
Dimanche encore, devant ses partisans qui prenaient part à la Conférence d’action politique des conservateurs (CPAC), le 45e président des États-Unis s’est présenté en gagnant des élections, pour son premier discours depuis la fin de son mandat il y a plus d’un mois.
« Comme vous le savez, ils viennent juste de perdre la Maison-Blanche, mais qui sait ? Je vais peut-être décider de les battre pour une troisième fois », a lâché Donald Trump à la salle relativement pleine.
S’il a clairement indiqué qu’il ne prévoyait pas lancer son propre parti politique pour ne pas « diviser le vote », il n’a visiblement pas fermé la porte à se représenter à la tête du parti conservateur en 2024.
« Avec votre aide, [...] un président républicain fera un retour triomphant à la Maison-Blanche, et je me demande qui ce sera. Qui, qui, qui ce sera ? », s’est-il époumoné à dire.
Même cassette
Répétant la même ritournelle pendant une heure et demie, le septuagénaire a réitéré son désaccord face aux dernières élections qu’il juge toujours aussi « frauduleuses ». Il n’a pas non plus mâché ses mots en parlant du premier mois « désastreux » de son successeur de qui il condamne les décisions.
« On n’a jamais vu un ancien président revenir dans l’arène aussi rapidement [...] avec un discours hyper politique et partisan », commente M. Jacob.
Selon l’analyste, très rares sont les anciens présidents qui se représentent après une défaite, même après un seul mandat.
« Depuis plus d’un siècle, à part Ford qui avait considéré revenir, tous les présidents qui sont partis... sont partis. Trump, c’est un ex-président qui a de très réelles chances de revenir comme candidat présidentiel. C’est presque sans précédent », poursuit-il.
Pas gagnée d’avance
Malgré tout, sa place à la tête du parti républicain n’est pas gagnée d’avance, tempère Bernard Motulsky, professeur de communication à l’UQAM.
« Il vient de démontrer qu’il n’est pas forcément capable de battre les démocrates. [...] Pour moi, les défis ne sont plus là. C’est clair que le parti républicain cherche où il devra se positionner pour reprendre le contrôle. La recette de 2016 n’a pas fonctionné en 2020. Va-t-elle fonctionner en 2024 ? », questionne-t-il.
Même ritournelle, encore et encore
« Joe Biden a eu le plus désastreux premier mois de n’importe quel président de l’histoire moderne. L’administration Biden a déjà prouvé qu’elle est anti-jobs, anti-famille, anti-frontière, anti-énergie, anti-femme et anti-science »
« Comme vous le savez, ils viennent juste de perdre la Maison-Blanche, mais qui sait ? Je vais peut-être décider de les battre pour une troisième fois »
« L’an passé, j’ai prédit que l’extrême corruption et incompétence de l’administration Biden serait littéralement sans précédent dans l’histoire américaine. Malheureusement, il a déjà prouvé que j’avais raison à 100 % »
« Un autre des problèmes les plus urgents, c’est de s’assurer que les élections sont justes, honnêtes et sûres »
– Donald Trump