Donald Trump veut retenir les vaccins des Canadiens
Ottawa compte sur les usines européennes pour pallier l’attaque des États-Unis

Anne Caroline Desplanques
OTTAWA | Donald Trump tente de bloquer l’exportation au Canada de vaccins contre la COVID-19 à quelques jours de l’homologation des premières doses des deux côtés de la frontière.
• À lire aussi: Les États-Unis se rapprochent de la vaccination
• À lire aussi: Tous les développements de la pandémie
• À lire aussi: «Nous n’avons pas négligé» la sûreté, dit le patron de Pfizer
Le président américain sortant a signé mardi un décret selon lequel aucune dose ne sera exportée avant que chaque Américain ait accès aux vaccins.
Donald Trump a souligné que Washington a le pouvoir de retenir la production des usines américaines.
La pharmaceutique Pfizer, qui est associée à l’Allemande BioNTech pour le développement d’un vaccin, possède une usine majeure à Kalamazoo, au Michigan. C’est elle qui est la plus proche de la frontière canadienne.
Toutefois, c’est d’une autre usine située à Puurs, en Belgique, qu’Ottawa attend jusqu’à 249 000 doses d’ici la fin du mois.
Donald Trump a déjà perturbé la livraison de matériel médical au Canada depuis le début de la pandémie, en particulier des masques N95 produits par 3M.

- Écoutez la chronique du spécialiste de politique américaine Luc Laliberté sur QUB radio:
Bien préparé
Le fédéral s’est donc préparé à une récidive dans le cas des vaccins, en signant des contrats avec sept compagnies différentes qui détiennent des usines à différents endroits dans le monde.
« Les contrats tiennent compte du fait que Pfizer, par exemple, a des usines en Europe et aux États-Unis », a indiqué le ministre des Affaires intergouvernementales, Dominic LeBlanc.
Moderna, dont le vaccin devrait être le second approuvé au pays, détient aussi des capacités de production en Europe, bien que son siège social soit aux États-Unis.
« Nous avons bon espoir qu’il n’y aura pas de perturbation dans la livraison de vaccins aux Canadiens », a assuré M. LeBlanc.
Pour parer à toute éventualité, Ottawa a commandé 358 millions de doses de vaccins, soit bien plus que le nombre nécessaire pour immuniser les 38 millions de Canadiens.
Washington sous pression
À l’inverse, Washington n’a pas sécurisé suffisamment de doses pour sa population, la plus touchée de la planète avec plus de 15 millions de cas et plus de 286 000 décès.
Le successeur de Donald Trump, Joe Biden, qui prendra le pouvoir le 20 janvier, estime qu’à moins que de nouveaux crédits soient votés par le Congrès pour la distribution et la production de vaccins, l’immunisation pourrait s’arrêter après la phase initiale.