Le vaccin d’AstraZeneca approuvé par Santé Canada

Raphaël Pirro
- Le vaccin développé par AstraZeneca a été approuvé par Santé Canada
- Le Canada recevra 500 000 doses «dans les prochaines semaines»
- Les vaccins de Pfizer BioNtech et de Moderna avaient déjà été autorisés
Le Canada recevra 500 000 doses des vaccins d’AstraZeneca «dans les prochaines semaines», a annoncé Justin Trudeau quelques heures seulement après que Santé Canada leur eut accordé le feu vert, vendredi.
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«Aujourd’hui, je peux annoncer que le Canada a conclu une entente avec Verity Pharmaceuticals et l’Institut Serum, en Inde, pour recevoir deux millions de doses du vaccin CoviShield, basé sur celui d’AstraZeneca», a ajouté le premier ministre en conférence de presse.
L’arrivée de la majorité de ces doses est prévue pour le printemps.
«Ces deux millions de doses s’ajoutent aux 20 millions de doses déjà prévues avec AstraZeneca, et aux autres doses que le Canada va recevoir par l’entremise de l’initiative COVAX», a déclaré Trudeau.
Deux versions du vaccin d’AstraZeneca ont reçu le feu vert vendredi: celui d’AstraZeneca, développé en collaboration avec l’Université d’Oxford, et un autre, appelé «CoviShield», produit par le Serum Institute of India mais développé en collaboration avec AstraZeneca et parrainé par l’ontarienne Verity Pharmaceuticals.
Ces homologations ont eu lieu «après un examen approfondi des données probantes», «en collaboration avec l’Agence européenne des médicaments dans le cadre du projet Open», a déclaré, lors d’un breffage technique, le Dr Marc Berthiaume, directeur du Bureau des sciences médicales à Santé Canada.
Des vaccins différents
Alors que les vaccins de Moderna et de Pfizer-BioNTech se fondaient sur l’ARN messager, les vaccins d’AstraZeneca sont des vaccins à vecteurs viraux, qui «reposent sur une version modifiée et inoffensive d’un autre virus, le vecteur, pour transmettre des instructions aux cellules. Les cellules commencent à fabriquer des protéines du virus de la COVID-19, ce qui amène l’organisme à développer une réponse immunitaire», a détaillé le Dr Berthiaume.
Ces vaccins ne causent pas de maladie et personne n'a dû être hospitalisé après les avoir reçus, a souligné l’expert.
De plus, le vaccin d’AstraZeneca a une «logistique plus simple», ce qui permettra «une accessibilité accrue» pour faciliter les efforts de vaccination au pays, a ajouté le Dr Berthiaume.
Celui-ci n’a causé aucune réaction menant à une hospitalisation parmi tous ceux qui l’ont reçu, contrairement aux vaccins de Pfizer et de Moderna, toujours selon l'expert.
D’autres vaccins en cours de route
De l’avis du Dr Berthiaume, les deux autres vaccins en demande d’autorisation, soit ceux de Novavax et de Johnson & Johnson, pourraient être homologués plus tôt que tard par Santé Canada comme par les agences de santé d’autres nations, dont la Food & Drug Administration (FDA) aux États-Unis.
Dans le cas de Novavax, la demande d’homologation a été déposée au Canada le 29 janvier, tandis que celle de Johnson & Johnson a été remise le 30 novembre dernier.
«Le fait de disposer de vaccins supplémentaires provenant de différents fabricants va permettre de vacciner un plus grand nombre de personnes plus rapidement et d’offrir plus d’options de vaccination», a déclaré le Dr Berthiaume.
Santé Canada, qui continuera de surveiller les résultats des vaccinations, signale que l’approvisionnement pourrait changer si des problèmes d’innocuité devaient survenir.
«Les homologations d’aujourd’hui [vendredi] vont offrir aux provinces et aux territoires davantage d’options à un moment où l’offre est limitée», a souligné l’expert.