Un déficit fédéral de 328,5 milliards $

Agence QMI
Le déficit fédéral atteindra 328,5 milliards $ d’ici la fin de l’année budgétaire, estime le directeur parlementaire du budget (DPB).
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Pareil déficit s’élèverait à 15 % de la taille du produit intérieur brut (PIB), ce qui en ferait le plus grand manque à gagner depuis 1966-1967, souligne son bureau dans un nouveau rapport rendu public mardi. C’est 23 fois plus que le déficit de 14 milliards $ enregistré en 2018-2019.
«Nous nous attendons à ce que les chocs dus à la pandémie de COVID-19 et à la chute des prix du pétrole aient un impact permanent sur l’économie canadienne», a dit le DPB, Yves Giroux, par communiqué. En juillet, l’ex-ministre des Finances Bill Morneau anticipait un déficit légèrement plus élevé, à 343 milliards $.
Après le déficit record de 328,5 milliards $, des imposants déficits, mais moindres, devraient suivre, dont un de 73,8 milliards $ en 2021-2022.
Le DPB évalue que le PIB devrait retrouver graduellement son niveau d’avant la crise, au début de l’année 2022. Le rapport dévoilé mardi tient compte des annonces faites jusqu’au 1er septembre et des 225,9 milliards $ en mesure d’intervention du gouvernement pour contrer la pandémie.
Le ratio de la dette par rapport au PIB, que les libéraux tentaient de maintenir en dessous de la barre des 30 % avant que la pandémie ne frappe, atteindra un sommet de 48,3 % en 2022-2023, selon l’analyse du DPB. Il s’agit d’une hausse de 18,3 points de pourcentage par rapport aux prévisions de 2019.
«Malgré le déficit record de cette année et les déficits persistants qui suivront probablement, tant que les mesures de dépenses relatives à la COVID-19 seront temporaires et qu’il n’y a pas de nouvelles dépenses, le ratio de la dette publique au PIB diminuera progressivement à partir de son sommet», a toutefois nuancé M. Giroux.
Or, le rapport de son équipe note aussi que cette tendance risque en fait d’être inverse à moyen terme si le gouvernement Trudeau accomplit des engagements contenus dans le discours du Trône qui ont pour effet d’alourdir le déficit.
Aux yeux du porte-parole conservateur en matière de finances, Pierre Poilievre, il est clair que le déficit sera «beaucoup plus grand» que ce que disent les estimations de mardi étant donné les annonces faites après la période couverte par l’analyse du DPB.
«Quand le gouvernement a déjà un déficit incontrôlable, ce n’est pas nécessaire de créer des programmes qui seront en place pour des décennies sans aucun plan pour payer les factures. Donc, oui aux programmes nécessaires pour sauver les gens pendant la COVID-19, mais pour le long terme, il faut que les dépenses soient responsables et soutenables», a-t-il commenté.