Oui, ce reconfinement est nécessaire

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Philippe Léger

2020-12-16T10:00:00Z

Après tous les efforts consentis depuis mars dernier, on refuserait de se reconfiner pour les trois prochaines semaines ?

Ça n’aurait aucun sens. Littéralement. 

Depuis un mois, les cas ont pratiquement doublé au Québec. De 1000 cas en novembre, on coiffe maintenant les 2000 cas par jour.

Le nombre de décès augmente, tout comme les hospitalisations ; c’est 69 hospitalisations seulement pour la journée d’hier. 

Tout ça dans un contexte où le personnel de santé est épuisé, les hôpitaux débordent et le délestage des autres activités médicales est massif. 

Le Québec n’est pas un village gaulois, pour une fois. La tendance à la hausse s’observe dans tous les pays de l’Occident. 

Donc, on fait quoi ? On attend que ça passe en espérant pieusement un revirement de situation ?

Agir

Le gouvernement a raison de resserrer quelques boulons. De donner un dernier coup de barre pour un retour progressif à la normale en 2021.

Or, rappelons-nous la raison des mesures sanitaires ; c’est parce qu’il y a un vaccin au bout du tunnel que nous nous restreignons. Sans vaccin, toutes ces mesures seraient inutiles. 

Eh bien, le vaccin, il y est. Nous sommes au début de la fin de notre marathon. Au kilomètre 38 ou 39 sur les 42,2 km nécessaires à courir. 

Et c’est maintenant que nous devrions arrêter de courir sous prétexte que nous sommes collectivement épuisés ?

La période tampon, de l’Après-Noël jusqu’au début janvier, est idéale pour un arrêt momentané. L’économie est déjà partiellement sur pause. 

Les Québécois sont peut-être fatigués, mais ne sont pas dupes ou inconscients. Ils comprennent la situation et les sacrifices à consentir : 61 % appuient un nouveau confinement général (sondage Léger, 15 décembre). À ce seuil, on peut parler d’acceptabilité sociale.

En ordonnant des nouvelles restrictions, le gouvernement envoie un signal exigeant davantage de prudence chez les Québécois.

Un signal qui veut aussi dire qu’il faut continuer de courir les derniers kilomètres restants, même si le souffle commence à nous manquer.

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