Un élu local russe poursuivi pour avoir «discrédité» l'armée

Agence France-Presse
Les autorités ont lancé des poursuites contre un élu de la ville d'Omsk, dans le sud de la Russie, qu'elles accusent d'avoir partagé de «fausses informations» sur l'action de l'armée en Ukraine, ont rapporté jeudi les médias.
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Dmitri Petrenko, élu communiste au sein du conseil municipal d'Omsk, a été assigné à résidence de 22H00 à 06H00 et a interdiction d'utiliser internet sans une permission écrite des autorités jusqu'à fin mai, selon les agences de presse russes.
Les autorités lui reprochent d'avoir partagé sur son compte Telegram de «fausses informations» sur «la destruction d'infrastructures civiles» par l'armée russe en Ukraine, ont rapporté les agences, citant les autorités judiciaires.
En vertu d'une récente loi punissant les «fausses informations» discréditant l'armée russe, il risque jusqu'à 10 ans de prison et cinq millions de roubles (environ 75 000 $) d'amende, selon la même source.
Ce texte prévoit des peines pouvant aller jusqu'à 15 ans d'emprisonnement si ces «fausses informations» entraînent des «conséquences graves».
Les publications visées ne sont pas précisées, mais M. Petrenko a récemment partagé une interview du président ukrainien avec des journalistes russes, dont la diffusion a été interdite en Russie par les autorités.
Il a en outre critiqué à de multiples reprises l'offensive de Moscou en Ukraine, s'en prenant aussi à la lettre «Z», peinte sur les blindés russes et devenue le signe de ralliement des partisans de l'opération.
Depuis le lancement de cette opération le 24 février, les autorités ont accentué la censure, déjà forte, pour contrôler le récit qu'en font les télévisions, les journaux, mais aussi les simples particuliers sur les réseaux sociaux.
Utiliser des mots comme «guerre» ou «invasion» pour décrire l'intervention ou évoquer des actions contre des civils est interdit.
En outre, les principaux médias indépendants qui existent encore en Russie ont été bloqués ou ont suspendu leur activité pour éviter les ennuis.
Et les principaux réseaux sociaux américains, comme Twitter, Facebook et Instagram, qui étaient de rares espaces de liberté d'expression en Russie, ont été rendus inaccessibles.