Un hiver différent pour nos snowbirds
Des Québécois habitués à passer l'hiver au chaud resteront ici, alors que d'autres, plus téméraires, se dirigeront vers une destination soleil
Elisa Cloutier et Diane Tremblay
Même si la pandémie en freine plus d’un dans leur élan pour s’envoler vers la chaleur, certains font fi des recommandations gouvernementales et partent coûte que coûte.
Pour Mario Lortie, un habitué du Sunshine State qui possède une résidence à Coral Spring, dans le sud de la Floride, la pandémie n’a jamais perturbé ses plans. Il profite d’ailleurs du soleil depuis la fin du mois d’octobre.
«Je suis chez nous autant en Floride qu’au Québec. Les gens sont aussi respectueux des règles aux deux endroits», soutient celui qui s’est envolé pour le sud des États-Unis le 23 octobre dernier.
Il est bien loin d’être le seul à voyager, selon lui. «L’avion était bien plein, ils sont à plein rendement», ajoute-t-il.
Le résident de Lac-Beauport compte toutefois revenir pour le temps des Fêtes, avant de repartir dans le Sud.
«S’il n’y avait pas de quarantaine [imposée au retour des voyageurs], Noël se passerait ici en famille, mais la quarantaine bloque ceux qui ne sont pas en télétravail», dit le voyageur de 56 ans.
Plus cher pour les assurances
L’ancien animateur de radio de Québec, Mario Grenier, s’est lui aussi envolé pour la Floride au cours des dernières semaines, fidèle à son habitude des dix dernières années.

«Je vais jouer au golf, faire mes petites affaires, être au soleil. Je ne suis pas inquiet, c’est sûr que je fais attention. Ça ne peut pas être pire qu’au Québec», dit-il.
L’animateur de 62 ans, diabétique, affirme toutefois avoir pris soin de modifier ses assurances avant de partir. «Ça m’a coûté environ 400 $ de plus que d’habitude», précise-t-il.
En attendant l’ouverture de la frontière, Pierre Bourbeau, un retraité de la construction, loue un loft au mois à Québec, car il a toujours l’espoir de partir.

M. Bourbeau est propriétaire d’un condo à West Palm Beach. «J’attends juste que les douanes rouvrent. Sinon, je serais déjà parti. Là-bas, ça me prend un véhicule.»
Le retraité prend tout de même les choses du bon côté. «Qu’on respecte les consignes ici ou là-bas, ça ne change rien, sauf que là-bas, c’est plus chaud.»
«Moins compliqué que je pensais»
Après avoir soupesé le pour et le contre pendant une semaine, Diane Bourgault, 65 ans, de Sainte-Adèle, a finalement décidé de s’envoler vers la Floride avec son mari et son petit chien pour retrouver leur maison mobile du côté de Clearwater.

«Ç’a été moins compliqué que je pensais. Le pire, ç’a été de prendre la décision de partir», dit-elle.
Plutôt que de faire transporter là-bas sa minifourgonnette, le couple a opté pour sa Polaris Slingshot (moto à trois roues). Cette solution s’est avérée deux fois moins coûteuse.
Leur moto est arrivée en Floride presque en même temps qu’ils débarquaient de l’avion. Mme Bourgault craignait d’avoir de la difficulté à trouver un transporteur, ce qui n’a pas été le cas finalement.
Mme Bourgault a aussi une raison médicale de partir. La dame souffre du syndrome de Raynaud, caractérisé par un problème de circulation sanguine au niveau des doigts et des orteils, et qui s’aggrave avec le froid.
DESTINATIONS PRÉFÉRÉES DES SNOWBIRDS QUÉBÉCOIS

- 68 % Floride (33 % Fort Lauderdale-Miami, 9 % Palm Beach)
- 7 % dans un État américain autre que la Floride
- 10 % Mexique
- 5 % Caraïbes
- 3 % Espagne
Type d’hébergement
- 46 % condominium
- 18 % maison
- 11 % maison mobile
- 15 % véhicule récréatif
- 5 % hôtel, auberge, etc.

Période de départ
- 33 % en novembre
- 24 % en janvier
Période de retour
- 57 % en avril
- 25 % en mars
Durée du séjour
- 43 % 4 mois et plus
- 22 % 3 mois
- 14 % 2 mois
- 13 % 1 mois
(Source : CAA-Québec)
Assurés, mais sous condition

Bien que la plupart des assureurs aient apporté quelques modifications pour inclure la COVID-19 à leur couverture, plusieurs mises en garde demeurent.
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Fidèles à leurs habitudes

L’idée de supporter l’hiver québécois fait frémir les snowbirds, pour qui l’appel de la chaleur est plus fort que tout. Malgré les recommandations du gouvernement fédéral, qui déconseille tout voyage à l’étranger jugé «non essentiel», plusieurs snowbirds ont tout de même décidé de s’envoler vers le Sud. Parmi les témoignages recueillis par Le Journal, la plupart d’entre eux s’estiment bien couverts par leurs assurances voyage et ne craignent pas de contracter la COVID-19 en Floride.
Plus dangereux que Saint-Sauveur?

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