Enquête sur un autre possible féminicide

Un homme et une femme trouvés inanimés à Ivujivik

Photo portrait de Roxane Trudel

Roxane Trudel

2021-03-30T14:02:05Z
2021-03-31T01:45:55Z

La sœur d’une femme trouvée morte aux côtés de son conjoint craint qu’elle n’ait été à son tour victime d’un féminicide, la semaine dernière à Ivujivik, dans le Nord-du-Québec.

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« Les conjoints abusifs devraient être envoyés en prison plus longtemps. Pas de courtes périodes. Nous avons perdu une tante de la même façon », déplore Maggie Naluiyuk, encore sous le choc. 

Jeudi soir, le corps de sa sœur, Kataluk Paningaya, 43 ans, et celui de son conjoint Peter Ainalik, 44 ans, ont été trouvés inanimés dans une résidence du village d’Ivujivik, dans le Nord-du-Québec. 

Pour la sœur de la quadragénaire, la tournure des événements ne fait aucun doute, puisque cette dernière retournait constamment auprès de son conjoint, même si sa famille lui disait d’arrêter.  

Une des victimes, Kataluk Paningaya (à gauche), et sa sœur Maggie Naluiyuk profitent d’une belle journée sur le mont Royal pour écouter les joueurs de tam-tams.
Une des victimes, Kataluk Paningaya (à gauche), et sa sœur Maggie Naluiyuk profitent d’une belle journée sur le mont Royal pour écouter les joueurs de tam-tams. Photo courtoisie

« Ça doit cesser »

« Plusieurs fois, elle a été battue au point où elle avait des côtes cassées, se désole-t-elle. Ça doit cesser. D’une manière ou d’une autre », témoigne sa sœur.

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Après un événement particulièrement violent, elle a même dû être transportée à Montréal pour y être évaluée, relate Mme Naluiyuk. 

« Il a été envoyé en prison pour ça », souffle-t-elle. 

Bien connu des palais de justice, Peter Ainalik avait écopé, en 2019, d’une peine de deux ans moins un jour pour voies de fait. 

Un grand cœur 

La mère de six enfants était très proche de sa famille et aimait les gens. 

« C’était une femme qui aimait sortir et qui avait un grand cœur pour ceux qui avaient besoin d’aide », raconte Mme Naluiyuk. 

« Je voudrais rappeler aux conjoints abusifs qu’il y a de l’aide pour vous. Vous n’êtes pas seuls. Et pour celles qui sont prises dans une relation abusive, vous avez le pouvoir d’y mettre fin, martèle la dame, elle-même survivante d’une relation abusive. Assez, c’est assez. »

La Sûreté du Québec et le Corps de police régional Kativik, qui travaillent ensemble sur cette enquête, attendent le résultat des autopsies pour se prononcer sur la cause des décès.

« Aucune hypothèse n’est écartée pour le moment, même celle d’un meurtre suivi d’un suicide », précise Stéphane Tremblay, porte-parole à la SQ. 


Si vous êtes victime de violence conjugale, contactez SOS Violence conjugale au 1 800 363-9010 / consultez le https://sosviolenceconjugale.ca/fr

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