Un manque de soins criant en Montérégie-Ouest, dénonce un médecin
Agence QMI
Même si la pandémie de COVID-19 est mieux maitrisée au Québec, le président de l’Association des médecins omnipraticiens du Sud-Ouest se demande s’il est encore possible de pratiquer la médecine dans sa région, celle de la Montérégie-Ouest qui regroupe une population de près de 500 000 personnes.
«Au début de la pandémie, on acceptait le manque de médecine, mais après un an de pandémie, c’est inacceptable qu’on n’ait pas de soins de santé pour notre population», a dénoncé le Dr Sylvain Dufresne en entrevue avec Paul Larocque à LCN.
Il considère que la gestion de la haute direction du CISSS de la Montérégie-Ouest, qui couvre tout le territoire à l'ouest de Montréal, de la frontière avec l'Ontario jusqu'aux MRC du Roussillon et des Jardins-de-Napierville, incluant les villes de Vaudreuil-Dorion, Châteauguay et Salaberry-de-Valleyfield, ne fonctionne pas.
«Ceux qui ont des maladies chroniques ont de plus en plus de mal à avoir accès aux soins. Quand on demande un "scan" abdominal, et qu’on demande à avoir une prise de sang pour vérifier la fonction rénale, quelques jours, quelques semaines avant, on n’a pas accès. Tout est fermé! Il a fallu argumenter plusieurs fois avec la direction de l’hôpital pour rouvrir l’accessibilité à nos patients», a-t-il soutenu.
Il rapporte notamment le cas d’un patient en phase terminale qui, au lieu d’être transféré dans une unité de soins de fin de vie, s’est retrouvé à l’urgence en détresse respiratoire, où on lui a prodigué des soins terminaux.
«C’est impensable de transférer un patient palliatif à l’urgence!», a-t-il dit.
Le Dr Lévesque déplore également le fait que malgré une éclosion non contrôlée de COVID-19 à l’Hôpital Anna-Laberge de Châteauguay, les admissions se sont poursuivies, malgré les avis des médecins.
«On parle d’une soixantaine de cas et de 15 morts», précise-t-il. «J’aurais pu comprendre au début de la crise. Mais après un an de pandémie, on doit commencer à se poser de sérieuses questions sur la gestion», croit-il.
Rappelons que l'hôpital Anna-Laberge a demandé à la population, le 28 février, d'éviter l'urgence en raison d'éclosions de COVID-19 qui empêchent de transférer les patients sur certains étages de l'établissement. Une partie des ambulances ont aussi été déroutées vers d'autres hôpitaux.
Le centre hospitalier de Châteauguay et celui du Suroît, à Salaberry-de-Valleyfield, sont depuis des années incapables de répondre à la demande et voient leur urgence respective déborder constamment. Québec compte sur la construction d'un nouvel hôpital à Vaudreuil-Dorion pour régler le problème, ce qui ne se fera pas avant des années. Mardi encore, l'hôpital Anna-Laberge affichait un taux d'occupation de 119 % aux urgences, contre 172 % à l'hôpital du Suroît, soit le deuxième taux le plus élevé dans la province.
Par ailleurs, l’une des directrices du CISSS qui soutenait les demandes des professionnels vient de remettre sa démission en raison de mésententes internes, une situation qui risque d’augmenter la pression au sein de l’organisation.