Un masque compostable bientôt produit au Canada?

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Photo portrait de Julien McEvoy

Julien McEvoy

2021-02-26T18:11:24Z
2021-02-27T03:16:42Z

Le masque jetable que l’on portera encore pour quelque temps pourrait bientôt faire son chemin jusqu’au bac de compostage.

Un centre de recherche et développement privé à but non lucratif vient de mettre au point un prototype entièrement conçu de plastique biodégradable et de fibre de bois grâce à une subvention fédérale de 3,3 millions $. 

FPInnovations, qui se spécialise dans le secteur forestier canadien, avance que son masque présente une efficacité de filtration de 85 %.

« Notre rêve, c’est que des entreprises canadiennes prennent ça à bras-le-corps et se mettent à produire. La solution est là, elle est financièrement acceptable », indique le président de l’organisme à but non lucratif (OBNL), Stéphane Renou.

Le masque a été conçu sur une machine à papier dans les laboratoires de l’OBNL. Maintenant, pour qu’il soit produit à haut volume, des entreprises devront se manifester.

« Au niveau de l’assemblage du masque, ça peut se faire demain matin », avance M. Renou.

Les partenaires forestiers de FPInnovations auront la priorité, mais toute entreprise qui souhaite en produire peut faire affaire avec l’OBNL. 

Puisque le masque est fabriqué à l’aide de machines à papier, un fabricant pourrait en produire « plusieurs millions par jour », explique le patron de FPInnovations.

Des doutes 

Et quelle usine de compostage va accepter ces masques ? « Ça prend des conditions de compostage industriel, ce que Montréal possède, mais pas Ottawa, par exemple », répond M. Renou. 

Karel Ménard, du Front commun québécois pour une gestion écologique des déchets, fait le parallèle avec les sacs en plastique biodégradable. « Ça a créé beaucoup de confusion et de problèmes. C’est impossible de distinguer un sac biodégradable d’un autre qui ne l’est pas », dit-il. 

Le masque de FPInnovations pourrait être confronté au même problème, craint M. Ménard. « Je suis certain qu’un centre de compostage qui reçoit des masques, son premier réflexe, ça va être de les enlever, car ça va être un contaminant », pense-t-il. 

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