Un grand match de l’histoire du hockey international

Marc de Foy
BOSTON | Vous parlez d’une soirée! Vous êtes-vous rongé les ongles jusqu’au sang? On ne pouvait demander mieux comme spectacle. La finale entre le Canada et les États-Unis a rempli ses promesses. On débattra longtemps de la place de cette rencontre dans les grands affrontements internationaux.
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Mais je vous le dis tout de suite, rien ne peut battre les matchs de la Série du siècle entre le Canada et l’Union soviétique en 1972.
Absolument rien!
Il n’y a pas de discussion possible.
L’enjeu était beaucoup plus grand.
C’était la première fois que les professionnels canadiens de la Ligue nationale jouaient sur la scène internationale. Les Soviétiques étaient venus pour apprendre, disaient-ils. Les Canadiens devaient remporter les huit matchs de la Série du siècle, clamaient plusieurs.
«L’équipe nationale de l’Union soviétique va affronter la crème des joueurs de notre hockey. Elle n’a aucune chance!» juraient les plus optimistes.
Le 2 septembre 1972, le Canada était sous le choc. Les méchants Soviétiques battaient les puissants Canadiens 7 à 3 sur la plus grande scène du hockey, le Forum de Montréal.
Place au débat!
Après ce match, le débat fut grand ouvert. Les points de vue de tous se valent. Ce qui est certain, c’est qu’on a assisté jeudi soir à l’un des plus grands matchs de l’histoire du hockey international, le meilleur entre les Canadiens et les Américains.
Certains diront que la meilleure équipe n’a pas gagné.
C’est vrai que les Américains formaient une équipe jeune et dynamique.
C’est vrai qu’ils ont dominé la troisième période et cogné à la porte avant que Connor McDavid ne mette fin au duel en prolongation.
C’est vrai que Jordan Binnington nous a donné des sueurs froides à quelques occasions. Mais c’est vrai aussi qu’il a fait les gros arrêts aux bons moments.
Deux pays à égalité
Qu’est-ce que cette victoire signifie pour le Canada?
Comme me l’a dit Mark Messier jeudi matin, les deux pays sont sur un pied d’égalité en matière de talent.
«Ils s’affronteraient 100 fois qu’ils remporteraient chacun 50 victoires», m’a-t-il dit.
Sur le plan politique, non: cette défaite des Américains n’empêchera pas le grand clown Donald Trump et son bouffon de service J.D. Vance de continuer à se moquer de nous. Ils vont encore et encore tourner le fer dans la plaie. Ils diront ce qu’ils voudront, mais ça ne devrait plus nous affecter.
Au nombre de folies qu’ils disent à la minute, on ne devrait plus leur porter la moindre attention. Qu’ils aillent au diable!
Quand on dit que le ridicule ne tue pas, ils en sont la plus flagrante des preuves.
Émotions de toutes sortes
Le plus beau, c’est que le match n’a pas été marqué de folies similaires à celle de samedi dernier. Il y a bien eu du chamaillage, mais rien de grave.
Les arbitres ont toutefois fermé les yeux sur des infractions. Comme ils ont l’habitude de le faire dans les séries éliminatoires. En début de prolongation, ils n’ont pas vu que les Canadiens avaient un joueur de trop sur la glace.
Ça ruait dans les brancards derrière le banc de l’équipe américaine.
On est passé par toute la gamme des émotions. La chanteuse Chantal Kreviazuk, originaire de Winnipeg, a trébuché dans les fleurs du tapis quand elle a entonné l’Ô Canada. Déconcentrée peut-être par les huées des partisans américains, la dame a eu un trou de mémoire en tentant de commencer l’hymne canadien en français.
La foule s’est rangée derrière elle pour l’aider à poursuivre sa prestation.
Prêts pour le match Canadiens-Sénateurs?
Et que dire des présentations d’avant-match visant à réchauffer la foule?
On a vu un super montage vidéo dans lequel Kurt Russell, qui interprète le rôle de Herb Brooks dans le film Miracle sur glace, parlait aux joueurs de l’édition américaine de la Confrontation des 4 nations.
La scène était empreinte d’un grand réalisme. On voyait les frères Tkachuk et leurs coéquipiers suspendus aux lèvres du coach fictif.
À partir de la troisième période, la foule a commencé à scander «Johnny Hockey» en mémoire de Johnny Gaudreau dont le chandail était porté par Mike Eruzione lors de la mise en jeu protocolaire. Eruzione était le capitaine de ladite formation que Brooks a menée à la médaille d’or aux Jeux olympiques de 1980 à Lake Placid.
L’an prochain, on verra justement les meilleurs joueurs de hockey du monde aux Jeux à Milan et Cortina d’Ampezzo, en Italie.
Question comme ça: reviendra-t-on à l’insignifiant Match des étoiles dans deux ans?
Ce serait comme nous servir de la semelle de botte après nous avoir gavés de filet mignon.
Maintenant, on revient à la routine.
Êtes-vous prêts pour le match Canadiens-Sénateurs?