Un plan pour sécuriser la frontière: Legault demande à Trudeau de rassurer Trump

Geneviève Lajoie
Impatient, François Legault demande à Justin Trudeau de sécuriser les frontières sans délai pour rassurer Donald Trump, qui menace d’imposer des tarifs douaniers de 25%.
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Selon le gouvernement du Québec, le premier ministre canadien a une part de responsabilité dans l’ultimatum posé par le président américain désigné, en raison du laxisme aux frontières entre le Canada et les États-Unis ces dernières années.
Pour une deuxième journée de suite, François Legault a mis de la pression sur son homologue fédéral.
«Il ne faut pas que Justin Trudeau essaie de nier le problème, donc il faudrait rapidement enlever cet argument-là à M. Trump», a lancé le premier ministre québécois mercredi, quelques heures avant une réunion spéciale du Conseil de la fédération.
L’avertissement du futur occupant de la Maison-Blanche diffusé sur le réseau social X en début de semaine a forcé la tenue d’une rencontre virtuelle d’urgence entre le premier ministre du Canada et ses homologues des provinces.
François Legault juge les craintes de Donald Trump sur l’immigration illégale tout à fait légitimes. Il a déjà fait savoir qu’il veut une place pour le Québec à la table de négociation avec les États-Unis sur les tarifs douaniers.
«Ça ne doit pas passer» aux frontières
Son ministre de l’Immigration, Jean-François Roberge, demande à Ottawa de mettre «tous les moyens technologiques possibles» et «tous les effectifs possibles» pour surveiller les frontières et empêcher l’entrée et la sortie de migrants illégaux.
«Il y a une obligation de résultat. Ce n’est pas à moi de dire (si) c’est 1000, 2000 ou 3000 personnes qu’ils doivent embaucher, mais ça ne doit pas passer», a-t-il insisté, en mêlée de presse à l’Assemblée nationale.
C’est que plusieurs dizaines de migrants se sont présentés au poste frontalier à Lacolle pour faire une demande d’asile pendant la fin de semaine, une hausse subite qui survient peu après l’élection de Trump. Une situation qui inquiète le ministre.
Selon les informations obtenues par notre Bureau d’enquête, au moins 80 d’entre eux ont demandé l’asile entre samedi et dimanche, alors que la moyenne des derniers mois se situait plutôt à une douzaine par jour.
Pour le moment, le ministre de la Sécurité publique du Québec n’a pas été informé d’un flux irrégulier important aux frontières. Mais les autorités doivent rester aux aguets, a prévenu François Bonnardel.
«La frontière, c’est immensément important et on ne doit pas voir de flux important, d’un côté ou de l’autre».
Plus de drones ou d’hélicoptères
À la Chambre des communes, Justin Trudeau a été talonné par les bloquistes et les conservateurs. Le premier ministre canadien a fait valoir que l’enjeu de la frontière était largement «réglé» depuis la renégociation de l’Entente sur les tiers pays sûrs avec le président Joe Biden.
Mardi, le ministre fédéral de la Sécurité publique, Dominic LeBlanc, s’était tout de même dit prêt à augmenter les «ressources» à la frontière si nécessaire, incluant le personnel, les drones ou même les hélicoptères.
Mais pour le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, le gouvernement libéral de Justin Trudeau a visiblement «perdu le contrôle de la frontière».
Avec la collaboration de Raphaël Pirro
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