Un premier roman en 13 ans pour Rafaële Germain

Le roman «Plage Laval» est publié chez Libre Expression.

Patrick Delisle-Crevier

2025-05-17T10:00:00Z

Après avoir publié un livre de recettes avec sa complice Jessica Barker, ainsi que deux essais relatant ses souvenirs de ses parents, Rafaële Germain revient à l'écriture romanesque, qui l'a fait connaître au début des années 2000. Celle qui travaille en télévision depuis 25 ans nous présente ainsi son petit dernier, Plage Laval, dans lequel elle nous transporte dans la vie de Laurence, une héroïne qui a beaucoup de points en commun avec sa créatrice.

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Rafaële, Plage Laval est ta première œuvre de fiction publiée en 13 ans. Parle-moi de ce roman.

C’est l’univers de Laurence, une Lavalloise de 48 ans dont la mère est atteinte de la maladie d’Alzheimer et vit en CHSLD. Un jour, cette traductrice est larguée par Stéphane, son mari architecte. À partir de ce moment, elle est plongée dans une crise existentielle: elle se demande si elle doit s’enfermer dans une cabane en bois rond et ne plus voir personne, mais elle se retrouve finalement en plein cœur de l’Islande. Avec ce roman, j’ai eu envie de parler de désir, de raconter ce qu'être désirée représente pour une femme de mon âge. Je me suis longtemps demandé si le retour au roman était possible pour moi, et la réponse était oui.

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Pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant d’écrire un nouveau roman?

Je pensais sérieusement qu'après avoir écrit trois romans de chick lit, j'en avais fini avec l'écriture romanesque. Je pensais avoir fait le tour. Mais, en travaillant en télévision, j’entendais souvent dire qu’on cherchait des comédies romantiques, et l’idée a germé dans ma tête, sans que ce soit complètement une comédie romantique. J’ai retrouvé le plaisir de raconter des histoires avec mes chroniques dans La Presse. L'esprit de communauté et le besoin de tisser des liens sont de plus en plus présents dans ma vie, alors j’ai eu envie d’écrire une histoire qui allait aussi aborder ça. J’ai appelé mes éditeurs pour leur demander s’il y avait encore de la place pour des romans. Or, rendue à mon âge, ce n’est plus de la chick lit!

Le personnage de Laurence te ressemble beaucoup. À quel point Plage Laval est-il autobiographique?

Je dirais que Laurence a ma personnalité, transposée dans une histoire tout à fait inventée. Elle a des préoccupations que j’ai déjà eues, des réflexions qui m’habitaient et des questions que j’avais envie de me poser. J’ai donc donné tout ça à Laurence. Oui, elle a mon âge et mes appréhensions, mais elle n’est pas rendue où j’en suis dans ma vie. Le tout est arrimé à une histoire fictive, mais qui se passe dans un quartier qui ne l’est pas, puisque l'action se déroule dans mon beau Laval-Ouest, où j’habite depuis quelques années maintenant.

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Rafaële, il y a 20 ans, tu étais la fille jet set qui fréquentait les 5 à 7 et qui profitait à plein des nuits de Montréal, et voilà que je te retrouve presque recluse dans le fond de Laval-Ouest. Qu’est-ce qui s’est passé?

La vie, il faut croire! J’ai rencontré l’homme de ma vie, puis je suis tombée enceinte et on se cherchait une maison, mais ce n’était pas achetable à Montréal. Le hasard nous a amenés à Laval-Ouest et nous sommes tombés en amour avec une maison, puis avec un quartier et un mode de vie. Je suis heureuse chez moi, dans la nature, à regarder les oiseaux. J’ai été la première surprise par cette migration. Même que le plan, après l’achat de la maison, était de revenir à Montréal deux ans plus tard. Finalement, on est bien ici et on n’a aucune envie de revenir en ville. Même que j’y vais de moins en moins souvent; je calcule et rentabilise mes déplacements. C’est ma nouvelle vie de Lavalloise et je suis heureuse là-dedans. Qui l’aurait cru? J’ai moi-même du mal à le croire!

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