Un scénario digne d’un film

Le parcours du Canadien est digne d’un film dans lequel Carey Price serait le personnage principal.
Le parcours du Canadien est digne d’un film dans lequel Carey Price serait le personnage principal. Photo Martin Chevalier
Photo portrait de Michel Bergeron

Michel Bergeron

2021-06-26T09:00:00Z

Le film Miracle, relatant le parcours improbable de l’équipe de hockey américaine aux Jeux olympiques de 1980 à Lake Placid, a fait un tabac en 2004. En atteignant la finale de la Coupe Stanley, le Canadien est en train d’écrire le scénario parfait d’un « Miracle, partie 2 ».

Ce que vient d’accomplir le Tricolore relève littéralement d’Hollywood. Cette équipe, que tous les analystes ont vertement critiquée cette saison, a fait fi de toute cette pression et participera, dès lundi, à sa première finale de la Coupe Stanley en 28 ans.

Tout ça a débuté lors des séries de l’an dernier, dans la bulle de Toronto. 

Cette équipe, moribonde en saison régulière, avait démontré un autre visage lors des séries. 

Une identité qui avait fait réaliser à Marc Bergevin qu’il n’était peut-être pas si loin d’avoir une équipe aspirante entre les mains.

On avait non seulement vu un Carey Price en pleine possession de ses moyens, mais aussi l’éclosion de certains jeunes dont Nick Suzuki et Jesperi Kotkaniemi qui laissaient entrevoir de belles choses.

Le directeur général de l’équipe a alors pris les choses en main en faisant des acquisitions d’importance.

CONGÉDIEMENT ET CRITIQUE

Après un début de saison exceptionnel, le Canadien a ensuite éprouvé toutes sortes de difficulté. Bergevin n’a eu d’autres choix que de remercier l’entraîneur-chef Claude Julien et celui des gardiens de but Stéphane Waite. À ce dernier, il avait d’ailleurs dit qu’il n’avait d’autres choix parce qu’il sera le prochain à perdre son emploi.

Publicité

À ce titre, chapeau à Geoff Molson pour la patience dont il a fait preuve avec la majorité de son personnel hockey, dont Bergevin.

Puis, les séries ont débuté, et, encore une fois, à 3-1 Leafs, on semblait se diriger vers un grand ménage à Montréal. Puis, le vent a tourné.

Qui d’autre que l’ancien troisième choix au total du Canadien, Alex Galchenyuk, pour redonner vie à son ancienne équipe avec une bourde monumentale en prolongation du match numéro 5, permettant au Tricolore de forcer un sixième match.

Au deuxième tour, contre les Jets, les astres se sont alignés dès le premier match lorsque le joueur vedette de Winnipeg, Mark Scheifele, a été suspendu pour quatre parties.

Puis, contre Vegas, que la majorité des gens voyaient remporter la coupe Stanley en début de séries, le Canadien a de nouveau trouvé un moyen de neutraliser leurs meilleurs éléments, mais aussi de profiter de chacune de leurs chances. On se rappellera longtemps la bévue de Marc-André Fleury lors du match numéro 3.

Pour ajouter au scénario hollywoodien, le Tricolore a mis un terme à cette série lors de la Saint-Jean-Baptiste, alors que le Québec commence à sortir de la pandémie. 

MAGIE

Il y a quelque chose de spécial avec cette équipe. Cette présence en finale de la Coupe Stanley n’est pas de la chance. Elle a été bâtie, brique par brique, depuis les séries de l’an dernier.

On est passé de la possibilité d’une importante restructuration à la chance de remporter le trophée de Lord Stanley. Quelque part chez lui, Marc Bergevin doit jubiler. Contre vents et marées, il a cru à son plan et il a obtenu la confiance de son propriétaire malgré les critiques parfois virulentes à son endroit.

Publicité

J’ai le sentiment que cette belle aventure n’est pas terminée. 

Gagne ou perd, ce parcours sera digne d’un film.

Quelque part, gageons que Réjean Tremblay a déjà commencé à y réfléchir.

— Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie  

Quelle pression ?

Il y a un mot à la mode à Montréal quand on parle du hockey : la pression. La réalité c’est qu’elle existe, cette pression, pour les joueurs du Canadien. La réalité, c’est aussi que les vrais savent utiliser cette pression à leur avantage. Cole Caufield joue avec ça et il semble y prendre un plaisir fou. On l’a vu rigoler avec Phillip Danault, pointe de pizza à la main jeudi soir après la victoire contre Vegas. C’est un jeune qui va connaître une brillante carrière à Montréal puisqu’il se nourrit de cette pression considérée comme toxique par d’autres. Et que dire de ce duo qu’il forme avec Nick Suzuki. Je vous fais une prédiction : ces deux jeunes vont jouer pendant 15 ans ensemble et ils deviendront un duo tout-étoile..

Valse des entraîneurs

Ça commence à bouger chez les entraîneurs dans la LNH. On a appris récemment que Gerard Gallant s’en allait avec les Rangers de New York, puis que Dave Hakstol allait devenir le premier entraîneur-chef de l’histoire du Kraken de Seattle. Malheureusement, aucun Québécois n’a eu sa chance jusqu’à présent... comme entraîneur-chef. Pascal Vincent a obtenu une belle promotion en étant embauché comme entraîneur associé à Brad Larsen avec les Blue Jackets de Columbus. Il reste encore d’excellents candidats et j’espère que certains d’entre eux auront leur chance. On chuchote que Joël Bouchard évalue ses options à l’heure actuelle et des rumeurs l’ont envoyé en Arizona. À suivre.

Pacioretty à droite ?

Je dois l’avouer : je n’ai pas aimé comment on a utilisé Max Pacioretty dans la série contre le Canadien. Certes, la défensive du Tricolore a été phénoménale et n’a rien donné aux gros canons des Golden Knights, dont à lui et Mark Stone. Mais, considérant que Pacioretty a inscrit entre 30 et 40 buts par saison depuis le début de sa carrière en évoluant à gauche, pourquoi l’entraîneur-chef de l’équipe Peter DeBoer s’est-il entêté à le faire jouer à droite en avantage numérique ? Ses tirs sur réception ont été cueillis, un à un, comme des fruits mûrs par Carey Price.

Publicité