Un souper de l’Action de grâce bien différent
La Mission Bon Accueil tenait à poursuivre la tradition malgré la pandémie


Erika Aubin
Ce ne sont pas les joueurs de football des Alouettes qui ont servi la dinde cette année, mais la pandémie n’aura pas eu raison du traditionnel souper de l’Action de grâce à la Mission Bon Accueil.
« La question n’était pas de savoir si on faisait le souper ou non. C’était de savoir comment on pouvait le faire en toute sécurité », lance Sam Watts, président-directeur général de Mission Bon Accueil, un organisme qui offre des services aux personnes en situation d’itinérance.
Habituellement, la salle est bondée pour l’Action de grâce et ce sont les joueurs des Alouettes qui servent le repas.
L’ambiance était moins à la fête lundi, mais près de 275 personnes ont pu profiter d’un copieux repas, a pu constater Le Journal. La Mission a dû réduire de moitié le nombre de soupers servis afin de respecter la distanciation physique.
Cet événement est l’occasion pour les sans-abri de retrouver un peu de normalité en ces temps difficiles, soutient M.Watts.
Les craintes de l’hiver
Face à la deuxième vague ainsi que l’hiver qui approche à grands pas, les défis sont grandissants. La Ville de Montréal songe notamment à fournir des logements temporaires dans des hôtels vacants.
« On commence à se préparer au froid. Par exemple, ça prend des lits d’urgence. Mais la vraie solution, ce sont des logements permanents », insiste Sam Watts.
La crise sanitaire a permis de faire la lumière sur les personnes en situation d’itinérance, se réjouit M. Watts. Alors que les yeux sont rivés sur le problème, il voit là l’occasion de trouver des solutions à long terme pour combattre l’itinérance.
« En temps de crise, on a trouvé des solutions innovatrices qu’on n’avait jamais vues auparavant, dit-il avec positivisme. Tout devient possible. »