Un spectacle dans l’ombre du drame

La tragédie des pensionnats autochtones assombrit le spectacle du 1er juillet

Photo portrait de Marc-André Lemieux

Marc-André Lemieux

2021-07-02T02:54:23Z

Le drame des pensionnats autochtones a assombri les célébrations entourant la fête du Canada, jeudi. Présenté en soirée à Radio-Canada et à CBC, le spectacle télévisé n’y a pas échappé.

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L’ombre des enfants morts a plané sur l’événement de deux heures, qui réunissait une belle diversité d’artistes.

Il n’a pas fallu attendre longtemps avant d’entendre un artiste évoquer la tragédie qui défraie la manchette. Chargé du numéro d’ouverture, le poète anichinabé Albert Dumont a décrié les crimes de l’Église chrétienne et l’inaction du gouvernement à partir du toit d’un édifice au centre-ville d’Ottawa, au milieu d’un cercle formé de paires de petites chaussures, symbolisant les horreurs du passé.

L’auteur a terminé son discours en livrant un message optimiste : « Tenons-nous debout pour l’éternité. Debout comme un seul arbre, comme une seule rivière, comme une seule île. Ensemble, nous serons plus forts ».

Quelques minutes plus tard, la gardienne des savoirs algonquins, Claudette Commanda, a déclaré que l’ambiance n’était « pas à la fête » et qu’on devait « pleurer ces enfants, leurs familles et leurs nations ».

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Image forte

Des souliers d’enfants illustraient l’horreur des pensionnats autochtones. Ainsi que Mélissa Bédard, Véronic DiCaire et Tyler Shaw.
Des souliers d’enfants illustraient l’horreur des pensionnats autochtones. Ainsi que Mélissa Bédard, Véronic DiCaire et Tyler Shaw. Captures d'écran, Radio-Canada

Coanimant l’événement en direct du Centre national des arts, Jully Black et Véronic DiCaire ont souligné d’entrée de jeu qu’elles prenaient leur rôle « très au sérieux ». « Car c’est impossible de célébrer le futur du Canada sans reconnaître son histoire, a précisé l’imitatrice. Prenons le temps de réfléchir pour envisager l’avenir avec espoir et beaucoup d’amour ».

L’image la plus forte est probablement survenue lors du numéro rassemblant trois artistes de l’Île-du-Prince-Édouard, la chanteuse folk Irish Mythen, le groupe indie rock Paper Lions et l’ensemble de musique traditionnelle Innecho. En voyant les jeunes danseurs Mi’kmaq danser – tout sourire – aux côtés des artistes, on pouvait difficilement oublier les sépultures d’enfants récemment découvertes. Enfants qui n’affichaient certainement pas d’aussi larges sourires lorsqu’ils étaient envoyés au pensionnat.

Coton ouaté au Yukon

Des dizaines d’artistes de partout au pays ont défilé sur scène et via vidéo durant l’émission.

On souligne la présence de Mélissa Bédard, qui s’est délié les cordes vocales sur Nirvana, Les Trois Accords, toujours aussi électrisants sur Corinne, Guylaine Tanguay, accompagnée d’un duo d’acrobates pendant Je pars à l’autre bout du monde, Beyries et l’incontournable Damien Robitaille.

Pour leur part, FouKi et Jay avaient préenregistré leur prestation au Festivoix de Trois-Rivières.

Enfin, soulignons la participation du groupe Major Funk du Yukon, qui s’est illustré en offrant une reprise pas piquée des vers de Coton ouaté de Bleu Jeans Bleu.


Le trio néo-brunswickois Les Hay Babies s’est retiré du concert en raison du drame.

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