Un survivant de la COVID victime de harcèlement

Des complotistes font circuler une fausse information

L’un des complotistes accuse ici, sur Facebook, Francis Brizard de mentir. L’homme est un survivant de la COVID-19 qui a dû subir une trachéotomie à cause de cette maladie.
L’un des complotistes accuse ici, sur Facebook, Francis Brizard de mentir. L’homme est un survivant de la COVID-19 qui a dû subir une trachéotomie à cause de cette maladie. Capture d’écran tirée de Facebook
Photo portrait de Clara Loiseau

Clara Loiseau

2020-09-25T23:59:52Z
2020-09-26T01:06:29Z

Une publication circulant sur Facebook accuse le gouvernement du Québec d’avoir engagé un acteur pour sa campagne de sensibilisation aux dangers de la COVID-19, ce qui est faux, a pu confirmer Le Journal.

Sur les réseaux sociaux, les complotistes s’en prennent dorénavant au gouvernement et au survivant de la COVID-19 participant de la campagne télévisée, Francis Brizard, qui a subi une trachéotomie après avoir contracté le virus. Ils sont accusés de mentir aux Québécois sur la véracité de l’état de santé de M. Brizard.

Pourtant, dans le cadre d’un reportage, Le Journal a rencontré l’homme de 57 ans. Le contrat qui le lie au gouvernement nous empêche pour le moment de diffuser l'entrevue, mais il n'y a aucun doute que l'homme a vraiment de graves séquelles. 

Depuis la mise en ondes de la publicité, Francis Brizard est victime de harcèlement en ligne par des complotistes.

« Là, les réseaux sociaux le plantent, [les gens] disent que c’est un menteur, un acteur, un manipulateur du gouvernement. C’est la démence totale ! » s’indigne Patrick Grenier, un ami de Francis Brizard, en entrevue sur QUB radio, vendredi matin.

Nourrir sa propre vision

De son côté, Jérôme Thibaudeau, porte-parole du ministère du Conseil exécutif, assure que M. Brizard a bel et bien été victime de la COVID-19 et que le gouvernement ne pensait pas que des gens allaient s’attaquer à lui.

« On avait mis M. Brizard en garde, car toute personne qui accepte de participer à une publicité gouvernementale s’expose à des réactions positives ou négatives de la part de citoyens », explique M. Thibaudeau.

Pour Marie-Ève Carignan, professeure en communication à l’Université de Sherbrooke, cette situation n’est pas surprenante.

« Les gens vont prendre des bribes d’informations pour nourrir et construire leur propre réalité. Ils s’inspirent de choses qui ne sont pas nécessairement fausses, mais qui sont réinterprétées pour servir leur propre vision des choses », souligne Mme Carignan. 

– Avec Érika Aubin

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