«Les beaux malaises 2.0»: un triste tournant pour Monique

Marie-Josée R. Roy
Simplement «sans filtre» et délurée dans les premières saisons des «Beaux malaises», Monique, la maman de Martin (Martin Matte), est devenue souvent incohérente et aux prises avec d’importants trous de mémoire dans le chapitre «2.0» de la comédie, dont la saison se termine mercredi, à TVA.
On a compris que Monique était bel et bien touchée par la terrible maladie d’Alzheimer quand Julie (Julie Le Breton) a appris à Martin, dans l’épisode du 17 mars, que sa mère s’était égarée jusqu’à Rimouski en voulant uniquement aller faire son épicerie près de chez elle.
Puis, la semaine dernière, la pauvre femme avait complètement oublié ce qu’est un pichet quand on lui a réclamé l’objet lors du souper d’anniversaire de 18 ans de Florence (Émilie Bierre).
«Ça ne deviendra pas complètement catastrophique, avance en entrevue Michèle Deslauriers, interprète de Monique. On voit les gens autour, comment ils composent avec cette maladie qui s’installe peu à peu, et qui fait mal à tout le monde. Ça apporte de la profondeur. Martin a toujours su composer avec le rire et les larmes, et cette fois, il va un peu plus profondément là-dedans.»
- Écoutez l’entrevue de Sylvie Grenier, directrice générale de la Fédération québécoise des Sociétés Alzheimer

Réaliste
Les affres de l’Alzheimer, Michèle Deslauriers en a été réellement témoin lorsque sa propre mère en a été atteinte. L’actrice dit avoir été bouleversée dès la lecture des textes des «Beaux malaises 2.0», tant elle y reconnaissait une réalité familière. Des colères de désespoir comme Monique a piqué au restaurant mercredi dernier, Michèle Deslauriers en a déjà observées.
«On a vécu ça avec maman jusqu’à la toute fin. Le pire moment, c’est quand la personne atteinte prend conscience de sa maladie. C’est comme un vertige. C’est ce que j’ai raconté à Martin.»
«Mais, dans "Les beaux malaises", ce n’est jamais tragique. C’est toujours mêlé avec de la joie... comme ça se passe souvent dans la vie. Je trouve que Martin a cette qualité incroyable dans ses textes.»
Michèle Deslauriers parle avec affection de sa Monique, qu’elle a campée dès le début des «Beaux malaises», en 2014, et qui en a fait rire plus d’un avec ses propos parfois décousus au fil des ans.
Avec ses jouets sexuels dont elle parlait avec nonchalance, la dame a aussi représenté bien des femmes de sa génération, qui ont souvent apprivoisé leur intimité sur le tard, victimes d’une éducation religieuse stricte.
«Ça prenait de l’audace à Martin Matte pour faire porter un "dildo" à une personne âgée, et pour parler de sexualité aussi ouvertement, sans barrières. Il en parlait toujours délicatement. Les personnes âgées, elles ont encore de la vie!»

Avec Caroline
Qui plus est, «Les beaux malaises» aura permis à Michèle Deslauriers de partager l’écran avec sa fille, Caroline Dhavernas, Celle-ci avait déjà incarné une Monique plus jeune dans une précédente saison de la série, mais n’avait pas échangé de répliques avec sa mère. Cette saison, Caroline Dhavernas personnifie Audrey, la nouvelle amoureuse de Martin. La première rencontre entre Monique et Audrey, teintée de mauvaise foi de la part de l’aînée, fut très amusante, il y a quelques semaines.
«On a très rarement joué ensemble, note la fière maman. On l’avait fait dans "Marilyn", quand Caroline avait une douzaine d’années, et en trois ans, on avait eu juste une scène ensemble. Mais on partageait la même loge! Cette fois, on a eu bien du plaisir à travailler côte à côte, toutes les deux. Ma fille est tellement fine!»
Joyeuse, Michèle Deslauriers rappelle que dans une scène récente, sa fille Caroline et elle étaient réunies avec Martin Matte et Diane Lavallée, qui est la maman de Laurence Leboeuf, conjointe de Martin Matte dans la vie.
«Il y a eu un moment de rire. On se sentait comme en famille, un peu! (rires)»

Vaccinée et occupée
À 75 ans, Michèle Deslauriers – qui dit avoir reçu son vaccin contre la COVID-19 – ne se fait pas de souci avec son âge, qu’elle tend parfois même à oublier.
Occupée, elle est toujours de l’équipe d’«À la semaine prochaine», à ICI Première, et se glissera dans la peau d’une grand-maman dans le film «L’arracheuse de temps», de Francis Leclerc.
«Je n’ai pas le sens des chiffres. Quand j’étais petite, j’avais peur de mourir sans avoir vécu de choses importantes, sans avoir connu l’amour. Aujourd’hui, c’est du temps supplémentaire que j’ai. Comme des cadeaux!»
La dernière des «Beaux malaises 2.0» sera diffusée mercredi, le 31 mars, à 21 h, à TVA. Un épisode spécial «bloopers» sera ensuite présenté le mercredi 7 avril, toujours à 21 h.