Un tronçon mortel sur la route 105 en Outaouais
Jadrino Huot
Un tronçon de la route 105 en Outaouais reconnu pour être dangereux a récemment été le théâtre en l’espace de quelques jours seulement de trois nouveaux accidents graves, dont deux mortels, mais rien n’est prévu pour y améliorer la sécurité, au grand dam des élus.
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Ces trois accidents, survenus entre le 24 février et le 3 mars, s’ajoutent à une dizaine d’autres, dont trois mortels, recensés par le ministère des Transports du Québec (MTQ) au cours des cinq dernières années entre les municipalités de Low et de Kazabazua, au nord de Gatineau.
Malgré la dangerosité de ce tronçon d’une vingtaine de kilomètres, aucune intervention n’y est prévue à court terme dans le but d’améliorer la sécurité des automobilistes. Seules de nouvelles analyses seront menées par le MTQ pour déceler s’il y a des anomalies sur la route dans ce secteur, un exercice qui pourrait prendre jusqu’à deux mois.
«Ces analyses permettront d’identifier s’il y a des problématiques qui nécessitent des interventions pour corriger la situation», a précisé Marie Chantal Baguia, conseillère en communications pour le MTQ en Outaouais.
Dangereuse
Ces réponses sont loin de plaire aux élus de la région, car la route 105 est utilisée comme une autoroute, par plusieurs poids lourds notamment, pour relier l’Outaouais avec les Hautes-Laurentides, la réserve faunique La Vérendrye et l’Abitibi. Vitesse et conduite téméraire y sont le lot du quotidien.
«Cette route est très dangereuse, et ce, depuis de nombreuses années. Avec toutes ses courbes et ses bosses, il y a beaucoup d’accidents», constate la préfète de la MRC de La Vallée-de-la-Gatineau, Chantal Lamarche, qui réclame l’élargissement de la chaussée et plus de corridors pour les dépassements.
Des opérations de prévention et de sensibilisation ont beau être organisées à l’occasion par les forces policières et les contrôleurs routiers, dont une en date de mardi dernier, soit la veille du plus récent accident, la responsabilité ultime revient aux automobilistes.
«Nous pouvons seulement rappeler aux conducteurs d’adapter leur conduite, car nous ne pouvons changer la configuration de la route ou les conditions météo», a fait valoir le porte-parole de la Sûreté du Québec Jean Raphaël Drolet.
Les trois plus récentes collisions dans ce secteur font l’objet d'une enquête. Fait à noter, les trois véhicules qui ont dévié de leur voie circulaient en direction nord. L’alcool ou la drogue pourrait être en cause dans l’un des drames.