Un trou de 32 milliards$ en raison de la pandémie


Michel Girard
À la lumière de la 2e mise à jour économique du ministre des Finances, Éric Girard, j’évalue à 32 milliards de dollars les pertes budgétaires attribuables à la pandémie de la COVID-19 que subira le gouvernement Legault au cours des quatre exercices financiers allant de 2020 à 2023.
Il faut savoir que la crise sanitaire et la crise économique déclenchées à la mi-mars par la pandémie de COVID-19 vont avoir des répercussions sur quatre budgets du gouvernement Legault, soit 2019-20, 2020-21, 2021-22 et 2022-23.
Lors de son discours du budget le 10 mars dernier, le ministre Éric Girard prévoyait déclarer quatre surplus budgétaires pour les exercices financiers allant de 2019-20 à celui de 2022-23. Pour un total général de 13,64 milliards de dollars.
C’était la belle époque...
- Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:
PANDÉMIE OBLIGE
Comme on sait, deux semaines plus tard, François Legault allait devoir confiner le Québec en vue de contrer la pandémie de la COVID-19 qui commençait à faire des ravages ici même, comme partout ailleurs au Canada et dans le monde entier.
On connaît la suite. Nombre de secteurs de l’économie québécoise ont été paralysés. Quelque 820 000 travailleurs se sont momentanément retrouvés sans job.
Et la pandémie de la COVID-19 a non seulement eu pour conséquences de réduire considérablement les recettes fiscales des gouvernements, mais elle les a forcés en outre à dépenser outrageusement pour aider les particuliers et les entreprises à traverser l’épreuve et permettre aux services de santé d’affronter la crise sanitaire.
À l’instar notamment du gouvernement Trudeau, le gouvernement Legault a déployé un train de mesures financières et économiques pour aider les Québécois à traverser la crise.
Par voie de conséquence, le ministre Éric Girard a été contraint de réviser ses récentes prévisions budgétaires effectuées lors de son budget de mars. Une première révision a eu lieu en juin. Et compte tenu de l’ampleur de la crise, une deuxième révision budgétaire a été présentée hier.
LOURDS DÉFICITS
Il ressort quoi de cette 2e révision budgétaire ? Un portrait des finances publiques du gouvernement Legault complètement chamboulé par rapport au budget de mars 2020.
Adieu aux surplus budgétaires, comme c’était précédemment le cas depuis l’arrivée au pouvoir de Philippe Couillard et de son ministre des Finances, Carlos Leitao. Le gouvernement Legault doit plutôt composer avec de lourds déficits budgétaires.
Pour les quatre exercices financiers de 2019-20 à celui de 2022-23, la 2e révision budgétaire du ministre Girard présente un déficit accumulé de 18,8 milliards de dollars sur quatre ans.
Ainsi, au lieu de se retrouver avec 13,6 milliards $ de surplus accumulés comme il le prévoyait en mars dernier, le ministre Girard prévoit maintenant tomber dans le rouge avec des déficits accumulés de 18,8 milliards $.
Cet écart de 32,4 milliards $ entre les deux chiffres (surplus de 13,6 milliards $ vs déficits de 18,8 milliards $) représente les pertes budgétaires que le gouvernement Legault subira d’ici mars 2023 à cause de la pandémie du coronavirus.
L’AIDE DE QUÉBEC
Pour traverser cette crise sanitaire historique, le gouvernement Legault a mis en place un train de mesures d’aide financière dont le coût total s’élève à 12,7 milliards de dollars.
- Renforcement du système de santé : 5,0 milliards $
- Soutien aux Québécois et à l’économie : 5,9 milliards $
- Relance de l’économie : 1,85 milliard $
À cela s’ajoutent d’autres interventions financières (investissements dans les infrastructures, prêts aux entreprises, reports d’impôts, etc.) que le gouvernement Legault chiffre à 8,4 milliards $.
Au total, le ministre Girard évalue à 21,1 milliards $ les sommes injectées dans l’économie québécoise par Québec pour lutter contre la COVID-19.
De toutes les provinces canadiennes, affirme-t-il dans sa mise à jour économique, c’est au Québec que les sommes injectées dans l’économie en réponse à la crise sanitaire ont été les plus importantes.
Bien qu’on soit nettement moins populeux, on a dépensé 2,4 milliards de dollars de plus que notre voisin l’Ontario.