L’opposition accuse le maire d’ingérence
Il se mêlerait trop de la campagne électorale


Stéphanie Martin
Des candidats dans la course à la mairie tirent à boulets rouges sur Régis Labeaume, qu’ils accusent de se mettre le nez dans la campagne électorale et d’utiliser les fonds publics à des fins partisanes.
Trois candidats ont fait des sorties, lundi, pour dénoncer l’ingérence du maire sortant dans la précampagne électorale.
Celle-ci doit démarrer le 17 septembre, mais des annonces où il est présent avec sa dauphine et nouvelle cheffe de son parti font sourciller.

C’est le cas d’une annonce de 35 millions $ sur la conversion du Colisée pour accueillir des sports « émergents » faite en compagnie de Marie-Josée Savard la semaine dernière.

Utilisation des fonds publics
Pour Bruno Marchand, de Québec forte et fière, c’est une annonce électoraliste et le maire a utilisé les fonds publics à des fins partisanes. Il réfléchit à la possibilité d’alerter le Directeur général des élections.

« À partir du moment où on utilise les ressources de la Ville pour faire une annonce électorale comme ça, on est en droit de se questionner : est-ce qu’on utilise les ressources financières et humaines de la Ville à bon escient ? » a avancé le candidat Marchand, lors d’une mêlée de presse.
Il y a, selon lui, « confusion », « proximité » et « interférence dans la campagne ». Le maire n’a pas souhaité réagir ni entrer dans la campagne. Régis Labeaume estime que l’annonce du Colisée fait partie des affaires courantes. « Il faut qu’on gère la ville. Ce qui se dit là, c’est vieux comme la lune. »
Jean-François Gosselin, chef de Québec 21, en a rajouté. « C’est Mme Savard qui est cheffe, c’est à elle à faire des annonces. Pas au maire. Sinon, si le maire fait ça, il se sert des deniers publics, des fonds de la Ville de Québec, pour faire une annonce préélectorale. »
Omniprésent
Il juge « spéciale » la façon dont M. Labeaume est omniprésent auprès de Mme Savard. « Moi je n’accepterais pas ça. Je voudrais faire ma propre campagne. »
Le candidat et chef de Démocratie Québec, Jean Rousseau, demande quant à lui de la « retenue » de la part du maire, qui donne un « avantage indu » à Marie-Josée Savard, qui est systématiquement présente avec lui lors des sorties publiques, dit-il.
« C’est lui qui tire les ficelles. » Il croit que la ligne entre la gestion des affaires courantes et les annonces électorales est brouillée.
— Avec la collaboration de Taïeb Moalla