Une arrivée en «plein tsunami»
Dr André Dontigny est le directeur régional de santé publique de la Capitale-Nationale


Pierre-Paul Biron
Nommé en septembre alors qu’un véritable tsunami frappait la région de Québec, le Dr André Dontigny a sauté à pieds joints dans ce défi qu’il qualifie de « retour aux sources ».
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Originaire de Québec, il a commencé sa pratique sur les terres natales de sa mère, au Bas-Saint-Laurent, avant de poursuivre sa carrière en Mauricie, berceau de son père.
61 ans
Plus de 30 ans d’expérience en santé publique
« C’est pour moi une façon de boucler la boucle », confie le médecin de 61 ans, qui n’entend pas accumuler les mandats. La crise de la COVID-19 lui offre toutefois un défi d’envergure.
DU PLOMB DANS L’AILE
Québec a été happée par l’ampleur de la deuxième vague. Des enjeux de personnel ont mis du plomb dans l’aile de la région pendant quelques semaines.
« Aujourd’hui, contrairement à septembre, on a les équipes pour faire l’enquête et on voit la différence. »
« À mon arrivée en septembre [...] on était, au fond, en rattrapage, on avait même invité la population à être contributive parce qu’on n’avait pas la capacité pour répondre à l’ensemble des cas. Ça a été difficile, exigeant. C’était un énorme défi. »
HÂTE DE SERRER SES ENFANTS
« J’ai quatre enfants, dont trois à Québec. On vit ces temps-là dans notre rôle professionnel en tant que directeur de santé publique, mais je les vis aussi comme père de famille. Les contraintes, je les vis moi-même, et c’est pas évident de savoir qu’on n’est pas encore rendu au moment où je pourrai prendre mes enfants dans mes bras. »
DUR DE DÉCROCHER
« À l’automne, ça ressemblait à “pas de moment [libre]” pour moi, mais je dirais que présentement, vu la situation, je réussis tranquillement à rebouger. [...] Je ne suis pas très bon, mais je fais de la course de fond, 10 km ou demi-marathon. Je me suis permis un marathon à l’âge de 54 ans, mais je ne le referai probablement pas rendu à 61, vu les exigences trop importantes. Mais ces rares moments à moi me servent à bouger et à profiter de l’extérieur. »
ÉVITER LA TROISIÈME VAGUE
André Dontigny espère maintenant que l’on pourra maintenir le rythme à Québec pour éviter une troisième vague. Il rappelle l’importance d’être prudent dans le relâchement des mesures. « C’est mieux de ne pas reculer et d’avoir l’impression, tout à coup, que la lumière au bout du tunnel s’éloigne au lieu de se rapprocher. »
Il dit s’inspirer de ses prédécesseurs qui ont dirigé la santé publique à Québec.
« De marcher dans les traces d’autres grands médecins qui m’ont précédé, comme Jacques Girard, c’est un honneur. »
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