Une attente qui a failli coûter très cher


Nora T. Lamontagne
Le conjoint d’une préposée aux bénéficiaires victime de la COVID a frôlé la faillite en attendant des indemnités de la CNESST qui n’arrivaient pas.
• À lire aussi: Pas de réclamation donc pas d’indemnités
• À lire aussi: 18 vies sacrifiées en combattant la COVID
« J’étais sur le bord de perdre mon véhicule, la maison que j’avais achetée avec Stéphanie, tout ce qu’on avait monté ensemble », énumère Kevin McCarthy, encore amer.
Après le décès subit de sa conjointe, Stéphanie Tessier, en avril, le préposé à l’entretien ménager s’est retrouvé devant une pile de factures qu’il devait désormais payer seul.
Endeuillé et préoccupé par ses soucis financiers, il a dû patienter quatre longs mois avant de toucher l’indemnité prévue par la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), un délai qu’il juge démesuré.
« J’en ai fait des appels... Il a fallu que je me débrouille, que j’essaie de pousser. C’est ça qui m’a frustré », témoigne l’homme qui a l’impression d’avoir été « abandonné » par le gouvernement.
Même Ford Canada lui a écrit après le décès de sa conjointe pour lui proposer des facilités de paiement pour son véhicule qui n’entacheraient pas son dossier de crédit, souligne-t-il.
- Écoutez la journaliste Nora Lamontagne ici
Un coup de pouce
M.McCarthy a heureusement pu compter sur le soutien du syndicat de Stéphanie Tessier pour l’aider à déposer une réclamation à la CNESST avant de se retrouver à court de moyens.
« Si on n’était pas intervenus, M. McCarthy aurait été seul dans toutes ces démarches-là, dénonce Steven Fleurent, vice-président en santé et sécurité au travail pour la CSN-Laurentides. Serait-il arrivé à faire accepter le dossier ? Peut-être que oui, mais peut-être aussi que non. »
Une maigre consolation
Le représentant syndical l’a aidé à rassembler les preuves que Stéphanie Tessier était morte d’une infection contractée au travail.
Il a aussi épaulé le conjoint à travers tout le processus. « Psychologiquement, il était atterré. Il y avait souvent des pleurs, parce qu’il voyait que ça n’avançait pas », se rappelle Steven Fleurent.
Le dossier a finalement été accepté en septembre dernier, au grand soulagement de tous. « Ça ne ramènera pas Stéphanie, mais au moins M. McCarthy a été indemnisé », se console M. Fleurent.